La #cisphobie, une nouvelle forme de la domination masculine

Pour pouvoir nous exprimer librement et lutter contre la cisphobie, nous proposons de créer des associations et des groupes de parole de femmes de naissance (femmes cis).

Le but est de créer des lieux privés pour femmes de naissance, donc des lieux Women-Born Women Only (ou Womyn-born womyn Only) et non des lieux publics tels des conférences, des festivals, etc. dans lesquels tout public doit être admis.

Les trans ont leurs associations et leurs groupes de parole pour s’exprimer et lutter contre la transphobie, donc les femmes de naissance ont également le droit de créer leurs propres lieux pour s’exprimer et lutter contre la cisphobie.

Malheureusement, pour les trans cisphobes, se réunir entre femmes de naissance serait un grave problème, alors que se réunir entre trans serait parfaitement normal. Ces trans nomment TERFs (trans-exclusionary radical feminists) les femmes de naissance qui souhaitent se réunir entre elles. Les trans cisphobes haïssent les TERFs.

Le 10 novembre 2015, la féministe radicale Penny White (San Francisco, USA) a publié sur le site de Meghan Murphy (Feminist Current) un excellent article sur ce thème : Why I no longer hate ‘TERFs’. Voici la traduction française du 19 décembre 2015 : Penny White : Pourquoi j’ai cessé de détester les « TERFs »

Passages de l’article : « J’avais coutume de détester celles qu’on qualifie de « TERFs » (féministes radicales exclusives des trans). Je les croyais mesquines, vicieuses, horribles – un affront au féminisme, à la justice sociale et à l’intégrité politique. Dans mon esprit, elles ne valaient pas mieux que des tabasseurs de chiots et tueurs de chatons. Mais, si je continue à soutenir pleinement mes sœurs transgenres dans la lutte contre le patriarcat, je refuse désormais de diaboliser mes sœurs féministes qui ne le font pas. Et au-delà de sa commodité pour écrire cet article, je n’utiliserai plus l’acronyme « TERF »

(…) Les femmes n’ont jamais été considérées comme l’être humain « générique » – cette distinction a toujours échu aux hommes. Et maintenant, nous n’arrivons même plus à être considérées comme la femme générique. Nous sommes maintenant étiquetées comme femmes « non-trans » ou « cis ». Des trans-activistes prétendent même qu’il est « cissexiste » ou « transmisogyne » de qualifier les femmes enceintes de femmes. L’Association des sages-femmes de l’Amérique du Nord (MANA) a décidé de ne plus utiliser l’expression « femme enceinte » après avoir été informée que cette expression était transphobe. Au lieu de cela, leur organisation parlera d’une « personne enceinte », puisqu’il est maintenant considéré comme sectaire de suggérer un lien direct entre les femmes et la grossesse. Le statut de « femme » a donc été effacé du langage des sages-femmes afin de protéger la susceptibilité d’un pourcentage minuscule de la communauté trans.

Il n’est pas rare de voir les trans-activistes s’indigner de la reconnaissance de celles d’entre nous qui accouchons et sommes menstruées. L’autrice et trans-activiste Julia Serano a écrit dans un message Twitter que « le féminisme centré sur la contraception » était « aliénant » pour elle. (…) Une autre militante genderqueer populaire, la chroniqueuse Laurie Penny, a écrit un article sur le site BuzzFeed pour se plaindre que « l’accent mis sur les femmes » par le féminisme était « aliénant » pour la communauté queer. On parle pourtant ici du mouvement des femmes, non ?

Est-il vraiment si déraisonnable que de nombreuses femmes se sentent offensées par leur propre effacement ? Quel effacement équivalent demande-t-on aux hommes d’accepter, par déférence envers les sentiments de la communauté trans ou queer ? Je n’arrive pas en imaginer un seul.

(…) Alors vous voyez, chères sœurs trans, lorsque vous affirmez votre féminité, ce que les féministes veulent vraiment savoir, c’est si vous êtes ici pour maintenir le statu quo ou pour le changer. Parce que le statu quo ne fonctionne pas trop bien pour la plupart d’entre nous. Il nous blesse. Les femmes sont encore traitées comme de la merde. Et contrairement aux féministes libérales, nous ne sommes pas intéressées à l’idée d’asperger cette merde de parfum et l’appeler un parterre fleuri. Nous sommes venues avec des pelles et nous voulons évacuer cette merde. Allez-vous pelleter avec nous ? Voulez-vous marcher avec nous pour la liberté de reproduction ? Vous joindrez-vous à nos pressions pour des services de garde universels et des congés parentaux rémunérés ? Nous avons besoin de ces choses. Allez-vous combattre avec nous l’idée qu’il existe quelque chose comme un « cerveau féminin » et qu’il est « naturellement » rose et pelucheux et émotif et attiré par le maquillage et les vêtements contraignants, mais sexy ? Voulez-vous lutter avec nous contre l’objectification sexuelle des femmes ? Allez-vous prendre position contre le trafic sexuel et l’exploitation sexuelle des femmes et des filles ? Ou est-ce que votre transition servira à renforcer ces injustices ? Apportez-vous à la condition féminine votre soutien ou simplement des revendications ?

Ces préoccupations ne sont pas déraisonnables. Les femmes ont de l’importance, comme en a le fait de les aider ou de leur nuire. Si prendre pour cible un festival de musique folk ou traîner devant les tribunaux un refuge pour femmes violées est plus important pour vous que le démantèlement de la suprématie masculine, vous ne pouvez pas vraiment blâmer certaines femmes de se demander si vous avez réellement surmonté votre socialisation masculine. Blâmer les femmes pour la violence anti-trans, qui est presque exclusivement commise par des hommes, n’aide pas vraiment non plus… ».

Un lobby puissant et très agressif de trans cisphobes

Nous, femmes de naissance (femmes cis) autrices de ce blog, nous respectons pleinement les personnes trans, femmes trans (MtoF ou Male to Female) et hommes trans (FtoM ou Female to Male), à condition qu’elles nous respectent également, ce qui est le cas de la majorité des personnes trans.

Donc nous ne sommes absolument pas transphobes, bien au contraire.

Toutefois, depuis quelques années, un lobby puissant et très agressif de trans cisphobes, composé notamment de « femmes trans cisphobes », veut nous empêcher de dire que nous avons un vagin, un utérus, ou nous définir uniquement par ces organes (nous ne serions plus des femmes, mais des « porteuses d’utérus », des « menstruées », etc.).

Le 7 septembre 2016, la féministe canadienne Meghan Murphy publiait précisément un excellent article sur  ce thème : Are we women or are we menstruators?

Dans un autre article du 3 septembre 2011, un trans FtoM (Female to Male, donc né femme, avec un utérus et pouvant enfanter) explique que c’est du cissexisme (ou cisphobie) de réduire les femmes de naissance à leur utérus : les femmes de naissance ne sont pas des utérus sur pattes et les nommer « porteuses d’utérus » (uterus bearers) comme le font certaines personnes trans est très réducteur et déshumanisant puisque cela consiste à réduire une personne à un de ses organes. Voici cet article :  Hi. I’m a trans person who is capable of getting pregnant

En nous interdisant de parler de notre vagin et de notre utérus, ou en nous définissant à partir de ces organes, les trans cisphobes nient notre oppression millénaire qui est précisément centrée sur ces organes, sachant que la principale cause d’oppression des femmes est l’exploitation reproductive (exploitation utérine).

La cisphobie, une extension de la domination masculine

La cisphobie constitue par conséquent une oppression supplémentaire des femmes de naissance (la moitié de l’humanité). Et comme les  trans cisphobes sont majoritairement des personnes nées hommes (MtoF ou Male to Female), il s’agit ni plus ni moins que d’une nouvelle forme de la domination masculine #patriarcat qui opprime les femmes de naissance depuis la nuit des temps.

En faisant de la sorte, les trans cisphobes MtoF ne font que reproduire les schémas patriarcaux et la domination masculine intégrés lors de leur socialisation de garçons.

Preuve que la cisphobie est une extension de la domination masculine : les victimes de la cisphobie sont exclusivement les femmes de naissance. Les hommes de naissance (hommes cis) ne sont jamais victimes de cisphobie. Personne ne leur interdit de dire qu’ils ont un pénis et des testicules et personne ne les définit au moyen de ces organes (« porteurs de pénis » ou « producteurs de spermatozoïdes »).

A cause de ce lobby de trans cisphobes très présent sur le net, nous ne pouvons même plus nous exprimer sur les réseaux sociaux, car ces cisphobes très agressifs nous signalent immédiatement à Facebook, Twitter, etc. en prétendant que nous sommes transphobes (inversion classique de la violence, typique de la domination masculine).

C’est la raison pour laquelle nous proposons de créer ces associations et groupes de parole pour femmes de naissance qui pourront ainsi s’exprimer librement et lutter contre la cisphobie.

Voici un excellent article du 28 juillet 2013 à propos d’une femme trans qui soutient les femmes de naissance qui souhaitent se réunir entre elles : Une femme trans soutient les femmes de naissance

Le terme cis

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, les termes cis et trans sont des dérivés des mots cisgenre et cissexuel créés par opposition aux mots transgenre et  transsexuel :

« Dans les études de genre, cisgenre décrit un type d’identité de genre où le genre ressenti d’une personne correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance. Le mot est construit par opposition à celui de transgenre, pour une personne qui remet en question le genre qui lui a été assigné. De même, dans le domaine corporel, cissexuel est l’opposé de transsexuel.

Il existe un certain nombre de dérivés de ces termes, notamment homme cis pour une personne née de sexe masculin dont l’identité de genre est masculine, femme cis pour une personne née de sexe féminin dont l’identité de genre est féminine (…)

Étymologie – Le mot cisgenre tire son origine du préfixe cis- dérivé du latin, qui signifie « du même côté » et est l’antonyme du préfixe trans- aussi dérivé du latin. On retrouve par exemple ce sens dans le terme gaule cisalpine, ou dans la distinction cis-trans en chimie. Dans le cas des genres, le préfixe cis- dénote pour quelqu’un l’alignement de son identité de genre avec son sexe d’origine (à la naissance). » (source)

Aujourd’hui, les femmes cis et les hommes cis sont couramment nommés femmes de naissance et hommes de naissance. L’ensemble de ces termes est une création exclusive des milieux trans, dans le but de faire comprendre aux personnes non trans qu’il y a d’autres façons de concevoir son identité sexuelle.

« Le mot cisgenre est utilisé sur internet depuis au moins 1994, où il est apparu sur le groupe Usenet alt.transgendered dans un message de Dana Leland Defosse. Defosse ne définit pas le mot et semble supposer que ses lecteurs le connaissent déjà. Il a peut-être été indépendamment réinventé un an plus tard : Donna Lynn Matthews, sur le groupe Usenet alt.support.crossdressing, attribue le terme à Carl Buijs, affirmant que Buijs a inventé le terme en 1995. » (source)

Le terme cisphobie

La cisphobie est la haine des trans à l’égard des femmes cis. Selon ces trans cisphobes, les femmes de naissance seraient une classe privilégiée (sic).

Or :

– avoir un utérus, n’est absolument pas un privilège, mais exactement le contraire, puisque notre utérus constitue la cause majeure de notre oppression par le patriarcat.

– être née femme n’est absolument pas un privilège, mais exactement le contraire, puisque les femmes sont discriminées dès leur naissance et même avant avec les avortements sélectifs pour tuer les embryons filles.

Le terme cis est un terme misogyne inventé par le milieu trans pour catégoriser les femmes de naissance. Mais nous utilisons volontairement le terme de cisphobie, car la présence de ce mot misogyne (cis) renforce l’ampleur de la misogynie que représente la haine des femmes de naissance de la part de certain-e-s trans.

Pour pouvoir lutter contre une forme de violence, la première étape consiste à la nommer très clairement. Le terme cisphobie sert à cela : en utilisant le terme misogyne cis du milieu trans et le terme phobie, nous nommons cette nouvelle forme de violence des trans haïssant les femmes de naissance (trans cisphobes).

Images menaçantes diffusées par des trans cisphobes
et illustrant bien la cisphobie (haine des cis)

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« Die cis scum »  signifie « Meurs racaille de cis »

Il s’agit donc de menaces de mort.

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Cisphobie : quand la « classe des dominants » s’approprie l’identité de la « classe des opprimées »

Les femmes de naissance n’ont jamais opprimé personne. Ce sont elles au contraire qui sont opprimées depuis des millénaires par les hommes (domination masculine) en raison de leur utérus (exploitation reproductive).

Par conséquent, comparer la cisphobie au racisme anti-blanc est particulièrement violent puisque les femmes sont la classe des opprimées et non la classe des dominants comme le sont les blancs. Comparer la cisphobie au racisme anti-blanc est une inversion classique de la violence. Le patriarcat en est le grand spécialiste.

Dans nos sociétés patriarcales fondées sur la domination masculine qui se perpétue au moyen de la violence envers les femmes de naissance :

les hommes sont la classe des dominants,

les femmes sont la classe des opprimées.

Ces rapports de domination structurent l’ensemble de nos sociétés, dans le monde entier, quel que soit le milieu social et culturel.

Donc en matière de transsexualité ou de transgenralité, lorsqu’un homme fait la transition vers une identité de femme (Male to Female ou MtoF), il passe de la classe des dominants à la classe des opprimées. Et lorsqu’une femme fait la transition vers une identité d’homme (Female to Male ou FtoM), elle passe de la classe des opprimées à la classe des dominants.

Pour s’identifier à l’autre genre ou sexe, certaines personnes trans passent par un traitement hormonal et/ou choisissent d’être opéré-e-s (transexuel-le-s). D’autres personnes trans ne font ni traitement hormonal, ni opération, mais s’identifient simplement à l’autre genre en conservant leurs organes sexuels de naissance et leurs hormones de naissance (transgenres).

Toutefois, ce changement de genre ou de sexe n’efface pas leur conditionnement en tant que fille ou garçon. En effet, dès leur naissance et durant leur socialisation, les filles et les garçons intègrent ces rapports de domination hommes-femmes. Cette intégration se fait à leur insu, comme si tout cela était parfaitement normal.

Des schémas hautement misogynes pour les filles et hautement valorisants pour les garçons s’intègrent durant cette socialisation patriarcale des enfants. Le résultat est le suivant :

les filles perdent à leur insu toute confiance en elles en s’auto-jugeant sévèrement (auto-discrédit des filles) et elles vont en revanche encenser les garçons (valorisation des garçons).

les garçons gagnent à leur insu une grande confiance en eux (auto-valorisation des garçons) et ils vont en revanche juger sévèrement les filles (discrédit des filles).

Ces schémas de domination masculine structurent à notre insu tous nos rapports sociaux, professionnels et affectifs, à moins d’avoir entamé une démarche de type féministe, soit la seule et unique démarche permettant de prendre conscience de ces schémas patriarcaux.

Donc même lorsque l’on passe d’un sexe ou genre à l’autre à un moment donné de sa vie, cette expérience, ce vécu de son sexe de naissance demeurent tant qu’il n’y a pas une sérieuse remise en question des schémas hautement patriarcaux qui nous ont modelé à notre insu dès la naissance, à tous les niveaux de la société (famille, école, amis, activité, environnement urbain ou rural, etc.).

Par exemple, lorsque des femmes trans pensent que les femmes de naissance sont jalouses d’elles, elles ne font que perpétuer  inconsciemment les stéréotypes misogynes patriarcaux (les femmes de naissance seraient jalouses, manipulatrices, dominatrices, méchantes, ne pensant qu’à leur beauté, etc.).

Ainsi, en plus des différences physiques et physiologiques importantes (utérus, par ex.), les femmes trans (donc nées homme) et les hommes trans (donc nés femme) n’auront jamais la même expérience de vie que les femmes et les hommes de naissance. En d’autres termes, il existera toujours des différences physiques, physiologiques et comportementales importantes entre les personnes trans et les femmes ou hommes de naissance.

Avant d’être femmes, les trans MtoF (femmes trans) étaient des garçons, des hommes, donc socialisés en tant que dominants. C’est pourquoi certaines trans MtoF oppriment les femmes de naissance (cisphobie) en poursuivant à leur insu la stratégie patriarcale : elles occultent les violences patriarcales envers les femmes de naissance (principalement leur exploitation reproductive) et leur interdisent de nommer leurs spécificités (utérus, etc.). Par exemple, lorsque les femmes de naissance osent dire qu’elles ont un utérus, les trans MtoF cisphobes se disent discriminées parce qu’elles n’ont pas d’utérus et exigent des femmes de naissance qu’elles ne parlent plus de leur utérus (silencier les femmes de naissance).

Les trans cisphobes interdisent aussi aux femmes de naissance de dire que les femmes trans ayant un pénis leur posent problème dans certains lieux réservés aux femmes (toilettes, etc.). Pourtant, le pénis est bien la cause majeure des violences patriarcales envers les femmes de naissance. Là également, il y a donc silenciement des femmes et négation/occultation des violences sexuelles et reproductives qu’elles subissent massivement depuis la nuit des temps.

D’autres fois, les trans cisphobes réduisent les femmes à un organe, l’utérus, ou à un cycle hormonal, la menstruation (déshumanisation). Simultanément parler du pénis de certaines femmes trans est interdit. Après la réduction des femmes de naissance à leur utérus ou leur menstruation et l’interdiction de parler du pénis de certaines femmes trans, seules les femmes trans (transgenres ou transsexuelles) ont le droit de s’appeler « femmes », même si elles ont un pénis : les femmes de naissance ne sont plus que des « porteuses d’utérus » ou des « menstruées ». Dès cet instant, il y a appropriation de la part des trans cisphobes de l’identité « femme » et les femmes de naissance en sont exclues. Quel magnifique tour de passe-passe patriarcal, non ?

En d’autres termes, avec la cisphobie, l’oppression des femmes de naissance est encore plus invisibilisée que jamais : elles n’ont même plus le droit de se nommer « femmes », ni de parler de leur utérus, de leur vagin, etc. ni de dire qu’une femme trans avec pénis dans certains lieux réservés aux femmes les dérange. Il n’y a donc plus d’oppression. Il n’y a même plus d’opprimées, elles ont disparu.

Par conséquent, les trans cisphobes sont véritablement le bras armé de la domination masculine pour pouvoir silencier à jamais les femmes de naissance et même les effacer à jamais, les faire disparaître à jamais. Et pour arriver à ce résultat, le patriarcat est très fort : il suffisait que la classe dominante (les hommes) s’approprie l’identité de la classe opprimée (les femmes) et le tour était joué.

En revanche, les trans FtoM (Female to Male ou hommes trans) n’oseront jamais procéder de la sorte avec les hommes de naissance. Pourquoi ? Parce que ces trans sont nés femmes (classe des opprimées) et ils ont face à eux les hommes de naissance (classe des dominants) qui sont les oppresseurs tout-puissants de nos sociétés patriarcales. Mais les trans FtoM sont utilisés à leur insu au profit du patriarcat pour faire croire que les hommes sont capables d’enfanter, d’allaiter, etc. tout comme les femmes de naissance. Ce subterfuge permet de faire croire que la fonction reproductive n’appartient plus aux femmes de naissance et que, par extension, leur oppression reproductive n’existe plus, alors qu’en réalité, elles sont toujours massivement exploitées pour leur utérus et même de façon exponentielle avec la GPA (gestation pour autrui, mères porteuses ou prostitution utérine).

Un article daté du 3 septembre 2016 vient précisément de médiatiser un homme trans (donc né femme) accouchant d’un enfant. Le titre « cet homme accouche de son premier enfant », avec séparation du mot transgenre, montre une volonté évidente de faire croire de façon subliminale (impact inconscient, conditionnement, manipulation) qu’un homme peut accoucher d’un enfant. Un titre clair, sans ambiguïté aurait pu être : « Un homme transgenre accouche de son premier enfant ». Voici cet article : Transgenre, cet homme accouche de son premier enfant

Le centrage des trans cisphobes sur l’utérus, tant pour les femmes de naissance que pour les hommes trans (nés femme et ayant un utérus) montre à quel point l’utérus est central pour le patriarcat et la cause majeure des violences massives envers les femmes de naissance (exploitation reproductive), violences qui ne font que s’aggraver avec l’arrivée de la GPA (mères porteuses).

#PédocriminalitéPaternelle : parler de « mères complices » est le signe d’une méconnaissance des processus de violence

Comment se fait-il qu’aujourd’hui encore, la notion de « mères complices » revienne si fréquemment dans les propos d’experts psys et dans les tribunaux pour les affaires de pédocriminalité paternelle ?

Pourtant, nous savons parfaitement aujourd’hui que considérer les mères comme complices des pères pédocriminels est une croyance totalement fausse, dépassée, fondée sur une simple incompréhension des processus de violence.

La notion de « mères complices » des pères pédocriminels ne fait que perpétuer la vieille conception psychanalytique dans laquelle les mères seraient porteuses de tous les maux de la terre et même responsables des violences paternelles, le père violent se trouvant par la magie des interprétations psychanalytiques transformé en pauvre victime de la mère et des enfants. Par exemple, dans les affaires d’incestes paternels, la psychanalyse considère le père comme la victime d’une mère qui se refuse sexuellement à lui et d’enfants qui ne savent dire « non » ou qui piègent leur père en le séduisant (complexe psychanalytique de l’Œdipe).

Depuis ces dernières décennies, les connaissances en matière de processus de violence ont considérablement évolué (cycle de violence, perversion narcissique, etc.) et l’on sait que les mères ne sont pas responsables ni complices de la pédocriminalité paternelle, mais qu’elles sont elles-mêmes les victimes du père violent.

En effet, lorsqu’il y a de la pédocriminalité paternelle, il y a TOUJOURS de la violence conjugale et familiale, sachant que les violences sexuelles sont le dernier stade des processus de violence, celles qui arrivent lorsque le système violent est déjà solidement mis en place par l’agresseur. Donc lorsqu’il y a pédocriminalité paternelle, les mères sont elles-mêmes violentées par l’agresseur et prises au piège d’un système d’une extrême violence qui les musèle et fait en sorte que si elles parlent et s’opposent à l’homme violent, les représailles pleuvent sur elles et leurs enfants.

Si l’on prend le cycle de violence qui est toujours le même quel que soit le type de violences (conjugales, familiales, sociétales, etc.), la notion de « complicité des mères » est la reproduction exacte de la phase de justification du cycle de violence, phase dans laquelle la responsabilité de la violence est rejetée sur les victimes (inversion de la violence).

Cycle des violences conjugales

Source : Le cycle des violences conjugales

Donc parler de nos jours de « mères complices » est absolument inadmissible. Cela revient tout simplement à occulter, à nier sciemment, en toute connaissance de cause, les violences conjugales/familiales et la situation dramatique, désespéré des mères qui se trouvent face à des pères violeurs de leurs enfants.

La stratégie des pères pédocriminels est toujours la même : dans le huis clos familial, ils commencent par mettre sous terreur la mère et les enfants. Et ce n’est que lorsque toute la famille est sous leur contrôle absolu (emprise), que plus personne n’ose leur tenir tête de peur des représailles, que ces pères commencent à violer leurs enfants. Les mères sont alors prises dans un véritable étau, un système d’une violence extrême où les représailles vont pleuvoir sur elles et leurs enfants dès qu’elles feront la moindre tentative pour dénoncer le père pédocriminel. Dans un tel régime de terreur, les mères sont totalement démunies et font ce qu’elles peuvent pour protéger au maximum leurs enfants, avec la marge de manœuvre minuscule qu’elles ont pour le faire sans que des violences terrifiantes (représailles) ne s’abattent sur elles et leurs enfants.

De plus, dans nos sociétés patriarcales qui protègent les pères violeurs, toutes les mères qui tentent de protéger leurs enfants contre la pédocriminalité paternelle vont encore subir de plein fouet une autre violence phénoménale : celle des institutions (violence institutionnelle) censées protéger les enfants qui vont en réalité broyer les mères protectrices et leurs enfants. Ces institutions diagnostiqueront les mères protectrices comme étant folles, manipulatrices (aliénantes) et leurs enfants seront finalement donnés en garde au père pédocriminel.

Par conséquent, prétendre que les mères seraient complices des pères qui violent leurs enfants est une violence additionnelle phénoménale à l’encontre des mères, ceci dans le simple but de faire passer les pères violeurs pour des victimes et d’occulter leur pédocriminalité.

Or, lorsque des pères violent leurs enfants, ce sont eux les seuls coupables. Ce sont eux qu’il faut dénoncer et sanctionner. Et il faut de toute urgence cesser de s’en prendre aux mères qui sont des victimes pétrifiées de ces hommes violents. Ces mères vivent l’horreur absolue de voir leurs enfants violés sans qu’elles ne puissent rien faire pour les protéger parce que l’homme violent et la société patriarcale toute entière les en empêchent, les musèlent, en se retournant violemment contre elles et leurs enfants si elles osent le faire.

Hélène Romano et les mères complices

Hélène Romano est docteur en psychopathologie clinique, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme (source). De façon générale, nous apprécions la qualité du travail d’Hélène Romano, notamment son courage de dénoncer la pédocriminalité.

Toutefois, en ce qui concerne les femmes victimes, Hélène Romano semble avoir une conception psychanalytique très préoccupante et de sérieuses lacunes en matière de mécanismes de violence.  En effet, Hélène Romano fait totalement abstraction du fait que les mères confrontées à un père pédocriminel sont elles-mêmes victimes de la violence de cet homme. Elle rejette au contraire la responsabilité de la pédocriminalité paternelle sur les mères en insistant lourdement sur « les mères complices ».

Prenons par exemple une interview d’Hélène Romano par Karl Zéro (mise en ligne le 11 mai 2016 sur Youtube) à l’occasion de la sortie de l’ouvrage « Danger en protection de l’enfance – Déni et instrumentalisations perverses ». Voici le lien de la vidéo : La protection de l’enfance par Hélène Romano – Karl Zéro Absolu

Toute l’intervention d’Hélène Romano est selon nous excellente, sauf au moment (6.21 de la vidéo) où elle se met à parler des mères complices. Dans ce passage, elle commence par évoquer en quelques mots laconiques et atténués que les agresseurs sexuels sont majoritairement les pères (« On a souvent le père qui est plus agresseur »), mais elle ajoute aussitôt que les mères sont les complices silencieuses (« mais beaucoup de mères qui sont des complices silencieuses »). Tout le passage qui suit est très dur envers les mères, avec des interprétations qui montrent une grave méconnaissance des processus de violence (« la mère, au lieu de protéger son enfant, va le lâcher, l’abandonner, voire quasiment demander son placement pour rester avec le pédophile. Ça c’est une catégorie malheureusement très fréquente).

Cette façon d’exposer la situation est particulièrement choquante (surtout pour une psy spécialisée en psychotraumatologie) et constitue une inversion caractéristique de la violence que l’on retrouve à tous les niveaux dans nos sociétés patriarcales (rejeter la responsabilité de la violence masculine sur les femmes et enfants victimes). Si Hélène Romano connaissait les processus de violence, elle saurait que si ces mères se taisent et que ces cas sont si fréquents, c’est uniquement parce que toutes ces mères sont terrorisées par le père violent. Et que si ces mères font placer leurs enfants, c’est bien pour les protéger et non pour soi-disant rester avec le père. Le fait qu’elles restent avec le père est uniquement la conséquence d’un système violent dont elles n’ont aucun moyen de sortir.

Après ce passage très appuyé sur les mères complices, Hélène Romano enchaîne avec les parents protecteurs sans jamais dire que ce sont principalement des mères protectrices, sachant que l’immense majorité des parents violeurs sont des pères. Au contraire, comme ce passage suit immédiatement celui sur les mères complices et qu’Hélène Romano se sert exclusivement du masculin pour parler des parents protecteurs, le message implicite qui passe, c’est que les parents protecteurs seraient les pères et que ces pères protègeraient les enfants des mères dangereuses (sic).

Hélène Romano poursuit avec l’aliénation parentale (AP), en continuant d’occulter que les parents protecteurs sont majoritairement des mères protectrices et que ce sont par conséquent les mères que l’on diagnostique d’aliénantes et/ou ayant des troubles mentaux et que c’est principalement contre elles que la justice se retourne lorsqu’elles tentent de protéger leurs enfants du père pédocriminel.

Voici l’intégralité de ce passage de l’interview :

« (6.21) Karl Zéro : Souvent, dans le couple, il y a le pervers et celui qui protège. Comment réagit celui qui protège ?

Hélène Romano : Alors malheureusement, très souvent, celui qui protège est assez ambivalent. Il peut protéger l’abuseur, il peut protéger l’enfant, c’est pas toujours très clair, dans les couples parentaux, par exemple. On a souvent le père qui est plus agresseur, mais beaucoup de mères qui sont des complices silencieuses. Elles savent, mais elles ne disent rien. Et ça, c’est extrêmement déstructurant pour l’enfant parce que le père est mis en cause et la mère, au lieu de protéger son enfant, va le lâcher, l’abandonner, voire quasiment demander son placement pour rester avec le pédophile. Ça c’est une catégorie malheureusement très fréquente.

Et puis, on a une autre catégorie de parents dits « protecteur » qui au début essayent de protéger leur enfant, qui vont faire les démarches, qui vont solliciter des psys, des experts, des thérapeutes, qui vont aller au commissariat, rencontrer un juge. Et, à un moment donné, en France en tout cas et ça c’est très français [faux, cela se passe dans le monde entier – USA, Canada, Suisse, Belgique, etc.], ça se retourne contre eux. C’est-à-dire que ce parent qui vient, qui dit « aidez-moi, mon enfant, il m’a dit ça, qu’est-ce que je fais avec ça ? », qui n’est que dans une démarche de protection de son enfant.

Karl Zéro : C’est là qu’on lui dit « faux souvenir » !

Hélène Romano : On lui dit « faux souvenirs » et on dit à ce parent « vous être aliénant ». Et donc, au lieu de protéger l’enfant et de valoriser le parent qui essaye de le protéger, la justice actuellement se retourne contre le parent protecteur. Et le parent protecteur se trouve accusé d’être aliénant, d’avoir des troubles mentaux. C’est une autre stratégie des faux souvenirs. »

L’aliénation parentale (AP) et les mères protectrices

Au début de l’interview, Hélène Romano parle des faux souvenirs et de l’aliénation parentale (AP). Ce passage est excellent et nous l’en remercions car peu de professionnel-le-s osent s’exprimer aussi franchement. Toutefois, nous y retrouvons toujours le même déni concernant les mères protectrices. Hélène Romano ne dit à aucun moment que l’aliénation parentale est une théorie psy créée par Richard Gardner pour s’attaquer aux mères et les empêcher de protéger leurs enfants des pères pédocriminels. Plus précisément, l’aliénation parentale (AP) est une théorie psy qui protège les pères pédocriminels et leur permet même d’obtenir la garde des enfants en prétendant que la mère est folle, manipulatrice, qu’elle ne cherche qu’à séparer les enfants du père, etc. En d’autres termes, cette théorie psy vise exclusivement la pédocriminalité paternelle (comme par hasard) et non les autres maltraitances parentales (non sexuelles) où elle n’est quasiment jamais utilisée.

Donc dans ce passage également, Hélène Romano occulte le fait que ce sont principalement les mères qui protègent leurs enfants de la pédocriminalité paternelle (et non l’inverse comme elle le sous-entend en ne précisant rien), ce qui revient à protéger les pères violeurs, comme le fait systématiquement la psychanalyse.

Dans ce passage, Karl Zéro se montre plus au courant qu’Hélène Romano sur le fait que, dans le couple parental, ce sont essentiellement les pères qui violent leurs enfants (« une sorte de loi du silence dès qu’un enfant dit « papa m’a fait du mal ». Il faut qu’on puisse lui dire, « ah non, c’est un faux souvenir ! ». »)

Voici ce passage de l’interview que nous trouvons excellent et très courageux, à condition de savoir très clairement que dans les affaires de pédocriminalité parentale, le parent agresseur sexuel est quasiment toujours le père et le parent protecteur est quasiment toujours la mère. Cette connaissance est essentielle pour bien comprendre que les mères ne sont absolument pas complices, mais qu’elles tentent au contraire, contre vents et marées, de protéger leurs enfants du père violeur :

«  (0.27) Karl Zéro : Ce qu’on découvre dans ce livre, c’est la notion des faux souvenirs. Peux-tu m’expliquer, en mots simples, ce que c’est que les « faux souvenirs » lorsqu’il s’agit de violences faites sur les enfants.

Hélène Romano : Le terme faux souvenir est un argument qui est souvent pris par les avocats de la défense, par les personnes qui vont soutenir des adultes qui sont mis en cause par des enfants qui témoignent de faits d’abus sexuels ou d’agressions sexuelles – la plupart du temps, ou de violences, mais souvent c’est de nature sexuelle – qu’ils ont subi dans l’enfance. Alors, je dis l’enfant, parce que même si c’est un adulte de 40 ans qui témoigne, c’est l’enfant blessé qui témoigne. Donc les faux souvenirs, c’est quand il y a des choses qui ne plaisent pas à d’autres, sur cette dimension-là, qui sont alléguées, qui sont dites. Et, à ce moment-là, en face, les mis en cause vont dire « Ah, mais ce sont de faux souvenirs ».

Karl Zéro : Et ça, c’est la nouveauté, depuis quoi, une dizaine d’années ? C’est-à-dire, on se sert des faux souvenirs à tire-larigot ?

Hélène Romano : Alors, on se sert des faux souvenirs pour disqualifier la parole des enfants victimes. On a eu plusieurs étapes. On a eu les enfants menteurs, les enfants mentaient, au 18e, 19e siècle, c’est vraiment ce qu’on disait : « c’est pas possible, les abus, ça n’existe pas, tous ceux qui disent ça sont des menteurs ». Après, on a eu l’aliénation parentale. Et comme les partisans de l’aliénation parentale n’ont pas pu le faire acter dans la grande bible scientifique des psychiatres qui s’appelle le DSM-5 qui est la classification internationale des pathologies. Il y a eu un lobbying important des promoteurs du syndrome d’aliénation parentale pour que ça soit dans cette grande bible de référence des maladies psychiatriques. Ça n’est pas été validé, tout simplement parce que ce n’est pas un symptôme. Donc, du coup, ils mettent de côté ce terme-là et ils ressortent un terme qui avait déjà été utilisé au début du 20e siècle qui sont les faux souvenirs.

Karl Zéro : Mais à qui profite ce crime, au fait ?

Hélène Romano : Ça profite à tous ceux qui violent, qui agressent sexuellement des enfants et des personnes vulnérables.

Karl Zéro : Mais ça veut dire qu’ils ont le bras long, alors ?

Hélène Romano : Ça veut dire qu’ils sont très bien introduits – terme à double niveau. Dans différents milieux, dans différents endroits, ils peuvent avoir du soutien. Il faut une certaine puissance, en fait, pour pouvoir faire valoir tout ça, pour approcher, pour publier des articles avec des biais méthodologiques. Donc oui, c’est pas n’importe qui, qui peut mettre en avant ce type d’argument.

Karl Zéro : C’est un univers où les gens se serrent les coudes ?

Hélène Romano : A quel niveau ? La protection de l’enfance ? Ou la non protection de l’enfance ?

Karl Zéro : La non protection de l’enfance !

Hélène Romano : C’est un univers où, probablement, les personnes sont beaucoup plus solidaires que dans la protection de l’enfance.

Karl Zéro : Pour quelles raisons ?

Hélène Romano : Ils ont intérêt à se protéger les uns des autres.

Karl Zéro : Ils ont un secret et ils ne veulent pas le partager ?

Hélène Romano : Il y a le secret, il y a différents secrets, en fait. Il y a le secret sur les abus. Il y a certaines fois d’autres secrets sur d’autres affaires. Donc les uns les autres se tiennent et c’est un peu poker menteur « si je révèle que tu as fait ça, parce que je le sais et bien moi j’irai dire que tu as fait ça parce que je le sais ». Tout ce monde-là se tient, ce qui crée tout un process tout à fait pervers et c’est ce qu’on essaye de démonter dans cet ouvrage. On essaye d’alerter, en fait, puisqu’on se rend compte que ça a totalement gangréné les services chargés de la protection de l’enfance, en particulier, les conseils départementaux, qui sont dirigés par des politiques, qui sont dirigés par des responsables institutionnels. Et on voit à quel point ça gangrène en France les secteurs de la protection de l’enfance, secteurs services sociaux, secteurs hospitaliers, éducation nationale. Tout ça c’est gangréné et c’est la loi du silence qui s’impose.

Karl Zéro : C’était le but dès le départ ?

Hélène Romano : De notre ouvrage ? Ou de révéler ça ? Ou de faire la loi du silence ?

Karl Zéro : Oui, d’obtenir par tous les moyens, c’est-à-dire à tous les niveaux, ce que tu viens de décrire une sorte de loi du silence dès qu’un enfant dit « papa m’a fait du mal ». Il faut qu’on puisse lui dire, « ah non, c’est un faux souvenir ! ».

Hélène Romano : Oui, ça gangrène complètement. C’est quelque chose un peu comme une toile d’araignée où on fait en sorte que la parole de l’enfant soit disqualifiée le plus tôt possible. Donc même si un enfant rencontre un adulte qui le croit, qui pense sa parole authentique, assez rapidement, à un moment donné ou à un autre, on a cette nasse qui se resserre et qui fait que l’enfant qui a révélé des choses qui apparaissent authentiques – en tant qu’expert, on a un certain nombres d’éléments qui nous permettent d’attester que c’est authentique – mais tout de suite, c’est invalidé.

Karl Zéro : C’est la chape de plomb.

Hélène Romano : C’est la chape de plomb. Et la France est très forte à ce niveau-là [faux, cela se passe dans le monde entier – USA, Canada, Suisse, Belgique, etc.]. »

 

Pour la « justice restaurative », la violence est un conflit qui se règle par une médiation victime-agresseur

La justice restaurative (ou réparative) considère l’infraction (violation d’une loi de l’état) comme un conflit et propose par conséquent aux victimes de faire de la médiation avec l’auteur de l’infraction, afin de « réparer » le conflit. Cette forme de justice permet d’éviter la procédure pénale, le procès et la condamnation de l’auteur de l’infraction.

La justice restaurative a été créée aux USA dans les années 70 par un mouvement chrétien fondamentaliste (les mennonites). Depuis sa création, cette « justice » qui se substitue à la justice pénale se propage à toute allure. En France, une forte pression qui ne cesse d’augmenter a permis de l’imposer largement comme solution idéale pour le bien-être des victimes de violences (sic), ce qui est le comble puisqu’elle ne protège que les agresseurs. Aujourd’hui, cette « justice » est même proposée aux victimes de pédocriminels. Les enfants sont alors priés de faire des médiations avec leur violeur (sic).

Alors pour nous, lorsque l’infraction est un litige qui peut entraîner une peine (donc de l’ordre du pénal) tel un plagiat, une question de droits d’auteur, de protection de la propriété intellectuelle, de droit de construction, etc. la justice restaurative nous semble pouvoir parfaitement convenir puisqu’un litige peut être assimilé à un conflit.

En revanche, lorsque l’infraction est une atteinte à l’intégrité physique, psychique ou sexuelle de la personne (violences conjugales, violences sexuelles, pédocriminalité, etc.), nous ne sommes pas d’accord que cette infraction soit traitée par la justice restaurative, ceci pour plusieurs raisons :

– assimiler la violence à un conflit implique une coresponsabilité de la victime et une déresponsabilisation de l’agresseur, ce qui constitue un retour-arrière phénoménal en matière de protection des victimes de violences.

– en assimilant la violence à un conflit que l’on règle au moyen d’une médiation où l’agresseur doit s’excuser, promettre de ne plus recommencer, etc. et où la victime doit pardonner à l’agresseur, l’on ne fait que perpétuer et aggraver le cycle de violence au niveau individuel et sociétal (voir plus loin dans l’article).

– utiliser la justice restaurative dans les affaires de violences revient à nier les connaissances actuelles de la psychotraumatologie. Par exemple : en se retrouvant en présence de l’agresseur, risque important de dissociation traumatique, de conduites à risque dissociantes, etc. soit de réactivation de l’état de stress aigu et d’aggravation de l’état de stress post-traumatique. C’est la raison pour laquelle, l’on n’imaginerait jamais demander à une victime du terrorisme de faire une médiation avec le terroriste. Donc pourquoi le fait-on avec les victimes de violences conjugales, de violences sexuelles, de pédocriminalité, etc. ? La réponse est dans le point suivant. D’autre part, les victimes de violences sont incapables de faire une médiation avec un agresseur en raison de leur état traumatique qui va la plupart du temps les rendre dociles (sidération, dissociation, emprise, etc.), sans capacité à sentir ce qui est négatif voire violent pour elles. Donc la médiation est contre-indiquée et devrait même être interdite en cas de troubles psychotraumatiques.

– utiliser la justice restaurative dans les affaires de violences patriarcales (violences masculines envers les femmes et les enfants) va servir à perpétuer le patriarcat (domination masculine) puisque celui-ci se perpétue précisément grâce à la perpétuation de ces violences, ainsi qu’à leur inversion (la victime devient responsable de la violence), leur minimisation, leur banalisation voire leur occultation.

Bref historique de la notion de victime

Voici un bref historique pour décrire le contexte dans lequel la justice restaurative s’est développée. Nous verrons que la justice a évolué en plusieurs phases qui ont modifié peu à peu la conception du crime, de sa répression, ainsi que la place de la victime. Dans un premier temps, la criminalité relève du domaine privé et de la vengeance qui est admise comme la peine nécessaire à la répression de la faute (justice rétributive). A partir du 5ème siècle (Moyen Âge), l’état décide de s’en mêler et crée la justice pénale. Le crime est dès lors considéré comme une perturbation de l’ordre public qui ne relève plus du domaine privé, mais devient une affaire d’état puisqu’il s’agit de protéger la société de la criminalité. La peine ne sert plus à réprimer la faute : elle acquière une utilité sociale (prévention). La  prévention est à la fois sociétale et individuelle, puisque la justice pénale a pour but d’éviter que l’ensemble des individus de la société ne commettent des infractions et d’éviter que les personnes déjà sanctionnées par la justice ne récidivent. La victime n’est pas intégrée à la procédure pénale, car elle dérange et n’intéresse personne. Dans la procédure pénale, l’état s’occupe exclusivement du coupable qu’il s’agit de sanctionner afin de veiller à la paix sociale. La victime ne peut obtenir réparation et dédommagements que par le droit privé.

Au 12ème siècle, l’église catholique romaine s’en mêle (Inquisition). Le pouvoir et la justice ne sont pas séparés, les juges et les enquêteurs sont tout-puissants. Il n’y a ni contre-pouvoir ni droits des coupables, ce qui aboutit forcément à de nombreux abus (torture, etc.). Dès le 18ème siècle, le désir de limiter le pouvoir de l’état et de séparer les pouvoirs émerge (libéralisme)  et se développe (Révolution française). On voit alors apparaître le contradictoire dans la procédure, l’interdiction de la torture et l’ouverture des tribunaux au public. Dès lors, il y a séparations des pouvoirs (Constitution) et protection des droits des citoyens (droits constitutionnels) appliqués tant aux coupables qu’aux victimes. En 1808 (Code d’instruction criminelle), la victime est enfin autorisée à intervenir dans la procédure pénale et à demander réparation du préjudice subi. Ce changement se poursuit avec l’apparition au 19ème siècle des sciences sociales qui vont progressivement s’intéresser aux victimes (victimologie) après s’être dans un premier temps exclusivement intéressées aux criminels (criminologie).

Dès les années 70, les attentats terroristes perpétrés dans plusieurs pays européens placent les victimes sur le devant de la scène. S’en suit une prise de conscience que les victimes existent et qu’elles ont des besoins. Il faut donc que la justice s’occupe également du sort des victimes, au lieu de s’occuper exclusivement de celui des criminels. Des organismes d’état et privés dédiés à l’aide aux victimes d’infractions pénales sont progressivement créés et l’ensemble du processus de justice est modifié pour prendre en compte les victimes (enquêtes de police, procédure pénale, indemnisation, etc.). Grâce aux féministes, les femmes victimes de violence conjugale commencent également à être reconnues et prises en compte. Cette toute récente préoccupation du sort des victimes aboutit le 24 novembre 1983 à la création par le Conseil de l’Europe de la « Convention européenne relative au dédommagement des victimes d’infractions violentes ».

Le backlash (retour de bâton) de la justice

Malheureusement, dès que les victimes de violences ont été reconnues par la société et la justice, une batterie d’instruments ont été créés pour les occulter à nouveau. Parmi ceux-ci, on trouve:

– les théories anti-victimaires (aliénation parentale, faux souvenirs, etc.) qui font passer les victimes et les personnes cherchant à les protéger pour des menteuses, des manipulatrices, des affabulatrices, des folles, etc.

– la justice restaurative qui considère les infractions à la loi comme une atteinte aux relations sociales, donc comme des conflits à régler par des médiations auteurs-victimes, ceci dans le but de maintenir l’harmonie sociale.

Le Conseil de l’Europe s’y est mis également, puisqu’après avoir créé en 1983 la « Convention européenne relative au dédommagement des victimes d’infractions violentes », il a rapidement commencé à travailler sur l’introduction de la médiation à tous les niveaux de la justice (médiation familiale, médiation pénale, médiation civile, etc.) Voici la page internet du Conseil de l’Europe dédiée à ce travail : Médiation Ainsi, le 15 septembre 1999, le Conseil de l’Europe édictait sa « Recommandation (99) 19 sur la Médiation en matière pénale », ce qui revenait à officialiser la justice restaurative en Europe au niveau du pénal. Le document est téléchargeable ici : Rec(99)19F 15 septembre 1999 sur la médiation en matière pénale

Pour couronner le tout, le 3 avril 2016, le Ministère de la Justice nous informe à l’aide d’une grande opération de communication qu’il n’a plus d’argent pour payer ses factures.

– Article paru dans le JDD le 3 avril 2016 : Urvoas : « Le ministère de la Justice n’a plus les moyens de payer ses factures »

– Article paru dans Le Point le 3 avril 2016 : Urvoas dénonce une justice « sinistrée » « en état d’urgence absolue »

– Article paru sur France TV Info le 3 avril 2016 : « Le ministère de la Justice n’a plus les moyens de payer ses factures », selon Urvoas

Tout cela n’est guère étonnant et s’inscrit dans une logique bien patriarcale. Tant que la justice était au service des agresseurs, elle avait de l’argent. Et soudain, alors qu’elle devrait enfin s’occuper des victimes, elle n’a plus d’argent. N’oublions pas que les questions d’argent cachent toujours des rapports de domination. Quand le patriarcat est intéressé par un domaine parce qu’il lui permet de perpétuer sa domination, il sait parfaitement trouver les milliards nécessaires. Mais lorsqu’un domaine ne l’intéresse pas et qu’il diminue la domination masculine, soudain, il n’y a plus d’argent. Il est aussi intéressant de noter que la majorité des agresseurs (essentiellement des hommes) ont plus d’argent que leurs victimes (essentiellement des femmes et des enfants), donc ils peuvent se payer des avocats puissants. Alors que les victimes sont en général choisies parmi les personnes ayant peu ou moins de moyens financiers.

Et lorsque le patriarcat prétend ne plus avoir d’argent pour la justice pénale, comme par hasard, tout est déjà en place pour diriger les victimes vers la justice restaurative en tenant de beaux discours bien pervers aux allures si rassurantes : « chères victimes, la justice pénale est tellement insatisfaisante pour vous, tellement peu réparatrice, que nous avons créé une justice exprès pour vous, qui va vous apporter plus de satisfaction, etc., vous allez pouvoir faire des médiations avec votre agresseur, il va s’excuser, reconnaître les faits et vous vous sentirez beaucoup mieux, etc. »

Finalement, on s’aperçoit qu’au moment où les victimes de violences ont enfin commencé à être reconnues, à partir des attentats terroristes des années 70, le patriarcat s’est empressé de développer une « justice » qui permet aux hommes violents d’échapper au procès et à la condamnation. Avec ce backlash de la justice, le patriarcat à de beaux jours devant lui. Il peut tranquillement se perpétuer et même s’aggraver au moyen des violences masculines envers les femmes et les enfants, violences toujours plus occultées, minimisées et banalisées.

Pour la justice restaurative, la pédocriminalité est un conflit

Aujourd’hui, la justice restaurative s’est tant développée que même les victimes de pédocriminels se voient proposer cette forme de « justice » sous prétexte que ce serait moins violent pour elle que la procédure et le procès. Cela signifie en clair que la pédocriminalité est considérée comme un conflit, ce qui implique que la victime serait coresponsable et qu’il suffirait de faire de la médiation pour que le conflit soit « réparé ».

Voici un article paru dans Le Monde le 3 avril 2016 pour précisément tenter de vendre cette justice restaurative (ou réparative) pour les affaires de pédocriminalité : « Contre la pédophilie, créons une justice plus proche des victimes »

Extraits de l’article : « Cette justice réparative s’inspire des modes alternatifs de règlement des conflits, telle la médiation (…) »

« La seule justice pénale n’est pas plus satisfaisante en raison des lenteurs de la justice (…), des questions de prescription, du défaut de prise en compte des souffrances générées par ce drame à l’occasion des procédures pénales. (…). De ces observations, on serait tenté de conclure qu’il n’y a pas de justice pour ces enfants ou ces adultes brisés dans leur enfance. »

Alors imaginez un enfant-victime à qui l’on demande de faire une médiation avec le pédocriminel qui l’a violé ! Ne trouvez-vous pas qu’il s’agit d’une violence extrême pour l’enfant ?

Prétendre que la justice restaurative (ou réparative) serait « plus proche des victimes », comme le dit le titre de l’article ci-dessus, est incroyablement pervers. Une médiation avec le pédocriminel est au contraire d’une violence inouïe pour la victime, avec des conséquences psychotraumatiques dévastratrices (dissociation traumatique, phénomène d’emprise, etc.).

Cette médiation ne sert en réalité que les intérêts du pédocriminel qui échappe ainsi au procès et à la condamnation. Nous sommes donc en présence de la classique inversion utilisée par le patriarcat pour perpétuer ses violences.

La justice restaurative

La justice restaurative fait partie de la mouvance réparatrice (ou réparative) qui considère les infractions comme un conflit qui peut être « réparé » au moyen d’une médiation entre l’auteur et la victime.

« (…) la justice restaurative est apparue comme une nouvelle façon de faire justice, remettant en question la réaction pénale au crime. Au cours des années 1990, de multiples programmes identifiés à la mouvance réparatrice se sont développés au Canada (…) » (source : La justice restaurative : une innovation du pénal ? )

Voici le site de l’Institut français pour la justice restaurative (IFJR) : http://www.justicerestaurative.org/ En parcourant l’onglet « Justice restaurative », vous trouverez une description de cette justice. Un extrait du cet onglet :

« La Justice restaurative se révèle être aujourd’hui une voie prometteuse de consolidation de l’Harmonie sociale. Comme elle le fut à de nombreux égards par le passé : apaiseurs, conciliateurs et arbitres dans la France du Haut Moyen Age. Comme elle le demeure dans quelques civilisations épargnées : cercles de guérison ou de sentence chez les Inuits du Québec et plus largement au sein des Premières Nations d’Amérique du Nord ; Conférences du groupe familial chez les Maoris, aborigènes de Nouvelle Zélande ; justice traditionnelle et palabre en Afrique, notamment. »

La justice restaurative a été créé aux USA dans la fin des années 70 par Howard Zehr, un criminologue mennonite (mouvement fondamentaliste chrétien) sous la forme de médiations victimes-auteurs inspirées des pratiques traditionnelles des Inuits, des amérindiens et des maoris pour maintenir l’unité du clan. Aujourd’hui, aux USA, ces médiations se sont tant développées que ce sont souvent des pasteurs qui arbitrent et règlent les litiges entre auteurs et victimes. Donc les infractions ne passent même plus pas la justice, mais par l’église (christian conciliation/arbitration/mediation). Ces conciliations-arbitrages-médiations sont basés sur la foi et les principes chrétiens, avec citation de passages de la Bible, etc. Des avocats peuvent soutenir les personnes, mais ils doivent se baser sur la Bible pour leurs interventions.

L’excellente série américaine « The Good Wife » retrace l’histoire de l’avocate Alicia Florrick engagée par un cabinet réputé de Chicago. Plusieurs épisodes de la saison 6 relatent des affaires traitées par cette justice restaurative chrétienne toujours plus largement répandue aux USA. Ces scènes sont surréalistes. On y voit des avocat-e-s Bible à la main construisant leur argumentation à partir de versets bibliques.

The Good Wife (saison 6, épisode 3)

the good wife médiation chrétienne 2

the good wife médiation chrétienne

Scènes de justice restaurative chrétienne (Holy Bible à la main)

Au cours de l’épisode ci-dessus, la célèbre militante féministe américaine Gloria Steinem apparaît brièvement en Guest Star. Dans cette scène, elle encourage l’avocate Alicia Florrick à se présenter au poste de procureur, montrant ainsi son intérêt pour la justice pénale (et non pour la justice restaurative chrétienne).

The Good Wife (saison 6, épisode 3)

the good wife gloria steinem 2

Vidéo de cette scène : Gloria Steinem and « The Good Wife »

Texte de la vidéo : « Un extrait de la série américaine « The Good Wife » (saison 6, épisode 3) dans lequel la féministe américaine Gloria Steinem apparaît et joue son propre rôle. L’héroïne, Alicia Florrick, avocate en pleine ascension, est poussée par son entourage à se présenter au poste de Procureur du Comté. Alors qu’Alicia Florrick hésite, Gloria Steinem l’encourage chaleureusement à faire campagne pour ce poste. Gloria Steinem met en avant le fait qu’il est important que des femmes se présentent aux plus hautes instances et qu’Alicia Florrick pourrait même songer plus tard à la Cour Suprême des Etats-Unis. »

Gloria Steinem a d’ailleurs beaucoup travaillé avec la juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des premières femmes juges (la deuxième) nommées à la Cour suprême des Etats-Unis (elle fut nommée par le président Bill Clinton en 1993), féministe elle aussi et très engagée pour les droits des femmes.

Pour celles et ceux que cela intéresse, un superbe article paru dans The New York Times le 14 novembre 2015 transmet une conversation dans laquelle les deux femmes retracent leurs parcours et leurs combats pour les droits des femmes : Ruth Bader Ginsburg and Gloria Steinem on the Unending Fight for Women’s Rights (Ruth Bader Ginsburg et Gloria Steinem à propos de la lutte incessante pour les droits des femmes).

Gloria Steinem et Ruth Bader Ginsburg

Photo de l’article

L’argument pour vendre la justice restaurative : le prétendu bien-être des victimes

La justice restaurative ne protège que les agresseurs puisqu’elle leur permet d’éviter le procès et une condamnation. Ce sont eux les bénéficiaires de cette « justice ».

Donc la question a sans doute été : comment vendre cette justice qui ne protège que les agresseurs ? Personne n’en voudra, cela va faire scandale.  De plus, pour utiliser la justice restaurative, donc sortir du pénal, il faut  l’accord des victimes. Si elles savent que cela ne sert que l’agresseur, elles refuseront.

Alors qu’a-t-on fait pour convaincre la société et les victimes ? Eh bien, c’est simple, on a inversé la situation, comme toujours dans les processus de violence. Ainsi, la justice restaurative est propagée avec le prétexte qu’elle servirait au bien-être des victimes (sic). Voici les 2 arguments-clés pour la vendre :

– comme la justice pénale ne donne pas satisfaction aux victimes et qu’elles n’obtiennent que rarement réparation, elles auraient avantage à choisir la justice restaurative où elles vont pouvoir faire une médiation avec l’agresseur (sic) ;

– comme la justice pénale traumatise les victimes, qu’elle les fait souffrir, il faut leur éviter la procédure pénale et le procès pour qu’elles se sentent mieux et ne soient pas traumatisées.

Pour les victimes de violences, ces arguments sont d’une incroyable perversion, car :

– si elles n’obtiennent pas satisfaction et réparation au pénal, c’est uniquement à cause du déni des violences masculines par la justice pénale ;

– si elles sont traumatisées par la procédure pénale et le procès et qu’elles souffrent, c’est uniquement parce que la justice pénale maltraite les victimes de façon si violente qu’elles subissent une victimisation secondaire (re-victimisation ou traumatismes additionnels), avec pour conséquence une aggravation des troubles psychotraumatiques.

Les victimes de violences n’ont pas à faire des médiations avec leur agresseur. Ce qui participerait réellement à leur bien-être, ainsi qu’à celui de l’ensemble de la société (les violences sont un grave problème sociétal), c’est que la justice pénale :

–  reconnaisse les violences masculines,

– respecte les victimes de violences,

– condamne sévèrement les auteurs de violences.

L’expression justice restaurative (ou réparative) est elle-même perverse puisqu’elle  sous-entend que la victime obtiendrait réparation du préjudice subi et qu’il y aurait même un effet thérapeutique sur la victime (notions de restauration, réparation). Or, cette justice est en réalité une violence envers elles.

Imaginez si une victime du terrorisme devait faire une médiation avec le terroriste, sous prétexte qu’il s’agit d’un conflit. Le terroriste s’excuserait, promettrait de ne plus recommencer et la victime aurait obtenu réparation (sic) ? C’est d’une violence inouïe, personne n’accepterait cela. Alors pourquoi l’accepte-t-on pour les victimes de violences patriarcales (violences conjugales, violences sexuelles, pédocriminalité, etc.) ? Eh bien, c’est simple : pour perpétuer le patriarcat en poursuivant les violences masculines envers les femmes et les enfants. Ces violences-là, il ne faut surtout pas les faire disparaître, évidemment. La survie du patriarcat en dépend !

C’est la raison pour laquelle, dans la justice pénale, tout est orchestré pour protéger les agresseurs (uniquement si ce sont des hommes) et décourager les victimes (uniquement si ce sont des femmes ou des enfants), en leur faisant peur et en les violentant si fort que cela dissuade d’autres victimes de déposer plainte. Donc tout est fait pour que les victimes se taisent et n’osent révéler les violences.

L’arrivée de cette justice restaurative n’est donc guère étonnante au moment où l’on commençait enfin à entendre les victimes. Il fallait les museler à nouveau, très vite, pour que le patriarcat se perpétue, avec la bénédiction de la justice.

Le processus de la justice restaurative au pénal

La justice restaurative intervient au niveau du pénal de cette manière :

– pendant la procédure pénale, la-le juge propose à la victime et à l’auteur de l’infraction de faire une médiation pour trouver une solution au « conflit » et éviter ainsi d’aller au procès ;

– pour partir dans le processus de médiation, l’accord des 2 parties (victime et auteur de l’infraction) est obligatoire ; avec les affaires de violences patriarcales (violences masculines envers les femmes et les enfants), il y a à ce moment-là souvent de fortes pressions sur la victime voire des menaces de représailles pour qu’elle accepte la médiation. Par exemple : « si vous n’acceptez pas la médiation, c’est que vous avez un problème psychique ou que vous êtes incapable de résoudre des conflits, etc.  donc vous avez une grande responsabilité dans le fait d’avoir été violentée et nous prendrons des mesures en conséquence pour protéger vos enfants de vous, etc. » ;

– si la victime et l’auteur de l’infraction acceptent la médiation, il y a alors sortie du pénal et départ vers la justice restaurative ;

– si une solution au « conflit » est trouvée pendant la médiation, on sort définitivement du pénal et l’affaire est classée ;

– Si une solution au « conflit » n’a pas été trouvée pendant la médiation, on retourne à la procédure pénale pour aller jusqu’au procès et à la condamnation ou à l’acquittement de l’auteur de l’infraction.

Voici le schéma de ce processus :

Processus de la justice restaurative dans le pénal

Les conditions du procès doivent changer : respect des victimes et sanction réelle des agresseurs

Pour l’instant, la justice dorlote les auteurs des violences (uniquement si ce sont des hommes) et maltraite les victimes (uniquement si ce sont des femmes ou des enfants). Il n’est donc guère surprenant que les victimes souffrent et soient traumatisées par la procédure pénale et le procès

Si notre société voulait réellement protéger les victimes et stopper les violences (voir plus loin le cycle de violence), comme elle prétend le faire, c’est la justice pénale qu’il faudrait réformer, afin que les victimes soient respectées et les agresseurs condamnés à la mesure de leurs actes de violence.

Il faudrait également que les professionnel-le-s de la justice reçoivent une solide formation de la part de victimologues et de psychotraumatologues, afin qu’ils-elles ne maltraitent plus les victimes.

La justice restaurative perpétue le cycle de violence

Faire une médiation avec un homme violent et lui permettre par ce moyen d’échapper à la sanction grâce à des excuses et des promesses (de ne plus recommencer, de faire une thérapie, etc.), c’est tout simplement reproduire la dernière phase du cycle de violence (souvent nommée phase « lune de miel ») qui constitue la phase-clé pour poursuivre et aggraver la violence.

Pourquoi est-ce la phase-clé ? Parce qu’au moment où l’agresseur constate que sa phase « lune de miel » est acceptée, il sait qu’il peut poursuivre sa violence et même l’amplifier au cycle suivant. En d’autres termes, cette absence de sanction lui donne implicitement l’autorisation de continuer sa violence, sachant que le cycle suivant sera encore plus violent que le précédent puisque la violence s’aggrave à chaque tour. Et finalement, lorsque l’agresseur saura que rien ne peut l’arrêter, qu’il a le champ libre pour sa violence et que sa victime ne fuira plus, il ne se donnera même plus la peine d’exécuter la phase « lune de miel ». La victime est désormais bien ferrée. Pour elle, tout ne sera alors que violence, elle n’aura plus aucun répit.

Le cycle de violence est toujours le même, quel que soit le système où la violence se déroule (société, pays, religion, secte, entreprise, famille, couple, etc.). Donc tous les systèmes produisant des violences fonctionnent sur le même modèle que les violences conjugales. Partant de là, des violences qui peuvent sembler individuelles ou occasionnelles sont en réalité des productions d’un cycle de violence d’un système plus grand. Par exemple, pour les affaires de pédocriminalité, il ne s’agit pas que de cycles de violence familiaux ou de violences occasionnelles. Ces affaires s’inscrivent également dans un cycle de violence sociétal qui permet cette forme de violence du fait que les pédocriminels ne sont pas sanctionnés ou peu sanctionnés voire même protégés.

Dans tous les systèmes produisant des violences (société, pays, etc.), celles-ci se répètent inlassablement pour les individus qui en font partie (agresseurs et victimes). Une personne peut même vivre dans plusieurs cycles de violence (couple, famille, pays, société, etc.) qui vont s’alimenter les uns les autres pour créer toujours plus de victimes et d’agresseurs. Par exemple, les femmes peuvent être victimes de violence conjugale dans leur couple et elles sont de toute façon victimes de violence sociétale envers les femmes (sexisme, misogynie), ce qui va avoir pour conséquence de produire toujours plus de violences conjugales, etc.

Les violences répétées (pédocriminalité, violences conjugales, sexisme, racisme, homophobie, mobbing, etc.) issues de ces cycles de violence provoquent des traumatismes complexes (traumatismes occasionnés par des violences répétées et un environnement où la victime ne peut échapper à son ou ses agresseurs), soit les traumatismes les plus difficiles et les plus longs à soigner.

Les grandes étapes du cycle de violence sont :

1.   Créer un climat de tension (avec dévalorisation, doubles-contraintes, etc.)

2.   Explosion de violence.

3.   Minimisation de la violence, déresponsabilisation et culpabilisation de la victime.

4.   Referrage de la victime en jouant au partenaire idéal, avec deux façons différentes de jouer cette « lune de miel » :

a.   Avec occultation de la violence et tout ce qui s’est déroulé dans les phases 1, 2 et 3. Donc le déni (il ne s’est rien passé).

b.   Avec excuses et promesses (promesse ne plus recommencer, promesse de faire un travail sur soi, etc.). Donc croyance que l’auteur des violences va stopper le cycle de violence.

Qu’il s’agisse d’individus ou de groupes, l’exécution de ces cycles de violence demande une grande perversion de la part des agresseurs. C’est exclusivement au moyen de cette perversion que la victime ne fuit pas et qu’elle est au contraire peu à peu à son insu, mise sous une emprise de fer. Par conséquent, la comédie de la phase 4-b est très facile à jouer pour les agresseurs. Ils sont les maîtres de l’illusion, des faux-semblants (ruses, mensonges, etc.), donc les maîtres pour faire croire que tout ira mieux désormais.

Voici un cycle de violence couramment utilisé par les spécialistes de la violence conjugale :

cycleviolence

Source : Le cycle des violences conjugales

 

Seules la pleine responsabilisation de l’agresseur et la sanction peuvent stopper la violence

La peur d’être sanctionné est la seule chose qui peut stopper un agresseur (individu ou société), mettre un frein à sa violence et l’empêcher de récidiver. A part cette peur de la sanction, rien ne l’arrête, il ne fait que poursuivre son cycle de violence.

La pleine responsabilisation de l’agresseur dans la violence est également fondamentale pour interrompre ce cycle de violence, sinon l’agresseur poursuit la logique perverse du cycle de violence : faire porter la responsabilité de la violence à la victime. Ainsi, comme nous le disions plus haut, considérer que la violence est un conflit (donc coresponsabilité de la victime) et qu’il faut une médiation avec l’agresseur pour résoudre le conflit, ne fait que maintenir la logique perverse du cycle de violence.

Les victimes savent que la médiation est un piège pour elles

L’immense majorité des victimes n’a aucune envie de faire une médiation avec l’agresseur. Cette idée leur fait même peur voire les terrorise, car elles savent qu’elles vont se retrouver plongées en situation de violence avec un agresseur qui va manipuler la situation de sorte à mettre sous tension la victime et à lui faire perdre tous ses moyens. Le simple fait de se retrouver face à l’agresseur ou de savoir qu’une telle situation est possible va souvent aggraver ou réenclencher des troubles psychotraumatiques (dissociation traumatique, etc.). Par conséquent, la plupart des victimes savent parfaitement que la médiation est un piège pour elles.

Le fait d’avoir envie d’une médiation avec l’agresseur peut même être le signe que la victime est toujours sous forte emprise de l’agresseur et/ou qu’elle est fortement dissociée (anesthésiée émotionnellement et physiquement), ce qui peut l’amener à vouloir poursuivre le cycle de violence. Pour ces victimes, une médiation avec l’agresseur est donc la dernière des choses à faire si l’on veut les protéger et stopper la violence.

Une fois sorties de l’emprise de l’agresseur, de l’état de stress aigu et/ou de l’état de stress post-traumatique, le plus souvent grâce à une psychothérapie avec un-e spécialiste en psychotraumatologie, la plupart des victimes n’ont plus aucune envie de rencontrer des agresseurs, quels qu’ils soient. Désormais, elles fuient ce genre de personnages qu’elles repèrent aisément lorsqu’elles ont appris à détecter les signes de personnalités violentes (pervers narcissique ou psychopathe) au cours de leur psychothérapie, par exemple.

L’agresseur doit être éloigné de la victime

La première étape pour  stopper le cycle de violence, c’est de mettre à l’abri la victime et d’éviter tout contact avec l’agresseur. Sans contact avec l’agresseur, la victime va pouvoir sortir de l’emprise et traiter ses troubles psychotraumatiques (l’état de stress aigu et/ou de l’état de stress post-traumatique) causés par les violences. Quant à l’agresseur, il doit être sanctionné et rééduqué (si l’on y croit) séparément, avec la plus grande fermeté et sans concessions, afin qu’il ne reproduise plus de violences.

Si l’agresseur n’est pas sanctionné et qu’il lui suffit de faire des médiations avec sa victime et un mea culpa comme c’est le cas avec la justice restaurative, il poursuivra son cycle de violence. Il ne recommencera peut être pas avec la même victime mais avec une autre. Donc en matière de violences masculines, la justice restaurative est une mise en danger de l’ensemble des femmes et des enfants de la société.

Les pervers ou psychopathes manipulent les médiations

Les hommes violents sont de grands pervers (pervers narcissiques ou psychopathes). Pour eux, jouer le « gentil monsieur plein de regrets » pendant la médiation est très facile. Les médiateurs n’y verront rien du tout et se feront manipuler allégrement.

D’autant que la formation des médiateurs s’apparente à celle du coaching relationnel et de la relation d’aide, donc une formation très légère. Par conséquent, les médiateurs ne sont absolument pas compétents pour travailler avec des pervers ou psychopathes.

A propos de la manipulation, beaucoup de personnes et même des professionnels pensent que l’on peut facilement la détecter. Cette croyance est fausse : la manipulation se déroule à notre insu, elle est invisible, ne se voit pas et ne se sent pas. Donc la personne manipulée n’a aucune conscience de l’être, elle accorde au contraire une grande confiance au pervers qui la manipule. Ainsi, lorsqu’on « se sent manipulé », c’est qu’on ne l’est pas. Penser que l’on peut facilement détecter la manipulation est une croyance dangereuse qui ne permet pas de protéger les victimes.

Même la grande majorité des psys est incapable de détecter les manipulations d’un pervers. Ces professionnels se laisseront alors séduire par le pervers et se mettront à le défendre, à prendre son parti. Ils se dévoueront avec ardeur pour l’homme violent qu’ils voient comme un gentil monsieur, dévoué, sincère, incompris, etc. et ils s’acharneront sur la victime qu’ils voient comme une personne méchante, folle, manipulatrice, source de conflits, etc. Donc sans une solide formation et une grande expérience professionnelle dans le domaine des personnalités psychopathiques (ou sociopathiques) ou perverses narcissiques, il est impossible de détecter les manipulations d’un pervers. Et encore, souvent cela ne suffit pas face à un pervers.

Par conséquent, avec des pervers ou psychopathes, l’on ne fait pas de médiations. Ce serait insensé, c’est à proscrire. Il faut au contraire les éloigner des victimes (leur interdire de les approcher) et les prendre en charge séparément, sans concession, sans illusion et avec une grande sévérité.

Stop #bashing contre Lou Doillon

Lou Doillon est une auteure-compositrice-interprète, actrice et mannequin franco-britannique, fille de l’actrice Jane Birkin et du réalisateur Jacques Doillon, demi-sœur de Charlotte Gainsbourg et de Kate Barry.

Lou Doillon

Lou Doillon, en avril 2013,  lors de la cérémonie où elle a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Lou Doillon subit actuellement un violent bashing (lynchage médiatique) de la part de féministes sous prétexte que dans une interview donnée au journal espagnol El Pais elle s’en prendrait à Nicki Minaj et Beyoncé, deux femmes racisées (afro-américaines).

Prétendre qu’il y aurait un féminisme blanc et un féminisme racisé est un moyen de diviser les femmes et de les maintenir sous le joug du patriarcat.

En ce moment, le patriarcat doit se délecter de la division entre féministes blanches et féministes racisées que crée ce bashing contre Lou Doillon. Cette division fait perdre la moitié de sa puissance au féminisme international.

Le patriarcat a toujours su nous diviser entre femmes. C’est comme cela que les hommes réussissent depuis des millénaires à nous dominer. Arrêtons, nous, les femmes, de nous précipiter dans ces arnaques patriarcales.

Donc STOP ‪#‎BASHING contre Lou Doillon qui parle au nom de toutes les femmes sur le thème de l’hyper-sexualisation des femmes dans le show business.

Etant elle-même une star du show business, Lou Doillon a toute légitimité pour en parler et refuser des normes patriarcales violentes pour les femmes.

D’autre part, être en désaccord avec une personne ne justifie en aucun cas un bashing (lynchage médiatique), surtout un bashing de féministes contre une femme.

L’interview à El Pais

Voici cette interview publiée le 11 juillet 2015 par El Pais : Lou Doillon: “Las mujeres tenemos que ir con mucho cuidado para no perder terreno” (« Lou Doillon : les femmes doivent être prudentes pour ne pas perdre du terrain »)

Nous avons lu cette belle interview d’El Pais, avec une très belle citation en titre : « les femmes doivent être prudentes pour ne pas perdre du terrain ». Cette interview n’a rien de diffamatoire envers Nicki Minaj et Beyoncé. Lou Doillon ne fait que s’inquiéter de voir des stars du show business s’hyper-sexualiser toujours davantage.  Il est légitime qu’en tant que star elle-même, elle puisse être préoccupée par ces dérives. D’autre part, Lou Doillon ne parle pas que de ces deux chanteuses afro-américaines. Elle parle aussi d’une autre femme : Kim Kardashian (d’origine écossaise, néerlandaise et arménienne).

Voici les deux phrases de l’interview pour lesquelles certaines féministes bashent violemment Lou Doillon :

– « Alors quand je vois Nicki Minaj et Kim Kardashian, je suis scandalisée. Je me dis que ma grand-mère a lutté pour plus que le droit de porter un string. »

– « Quand je vois Beyoncé chanter nue sous la douche et mendier l’attention de son copain ivre, je dis: «Nous assistons à une catastrophe. » »

Les articles francophones qui ont rapporté cette interview à El Pais ont soigneusement transformé les propos de Lou Doillon pour en donner une image très négative.

Voir à la fin de cet article, une brève analyse de l’article scandaleux du Huffington Post.

Une femme a le droit de changer et d’évoluer

Ce n’est pas parce que Lou Doillon a posé nue dans Playboy (topless sur la couverture) en février 2008 qu’elle n’a plus le droit de s’exprimer sur ce thème. Elle peut avoir réfléchi et changé d’opinion. Elle peut aussi avoir été sous emprise d’une culture familiale, puisque certaines photos ressemblent à celles de sa mère lorsqu’elle était jeune, notamment au moment où elle était en couple avec Serge Gainsbourg.

D’autre part, la plupart des femmes qui se tournent vers le féminisme ont été elles-mêmes confrontées à de la violence. Nous avions écrit un article sur ce thème, texte dans lequel nous parlions précisément Beyoncé : Beaucoup de féministes ont été elles-mêmes victimes de violences masculines

Nous disions dans cet article que les féministes qui ont été confrontées à de la violence masculine (et qui le sont parfois toujours) peuvent avoir une façon trash d’exprimer leur féminisme. Ce n’est pas pour autant qu’il faut les basher. En tant que femmes et féministes, nous devrions au contraire les encourager, les soutenir et être solidaires avec elles.

Pourquoi tant de gants pour dire des choses ?

D’ailleurs, pourquoi faudrait-il qu’en tant que femmes nous prenions toujours tant de gants pour nous exprimer ?

Parfois, n’est-il pas nécessaire de parler directement, crûment, si nous voulons faire bouger les choses ?

S’exprimer toujours de façon mesurée, neutre, en évitant de choquer, ne permet pas d’avancer et d’impacter le monde. Si nous voulons abattre le patriarcat et désaliéner les femmes, il faut des mots forts, des mots qui créent des « oups », des mots qui dérangent. Sinon, rien ne changera jamais.

A ce propos, la plupart des femmes qui ont réussi à s’extraire de l’emprise d’un homme violent ont réussi à le faire grâce à une femme qui ne les a pas ménagées et leur a dit franchement ce qu’elle pensait de la situation.

Par sa mère, Lou Doillon a sans doute connu les conséquences de la violence conjugale et le phénomène d’emprise (sa mère était peut-être sous emprise). Donc elle sait peut-être que parler directement et franchement peut être salutaire pour aider les femmes à sortir de l’emprise patriarcale.

La légitimité de Lou Doillon

Lou Doillon a toute légitimité pour s’exprimer sur les violences envers les femmes, car elle est la fille d’une femme qui a vécu de la violence conjugale.

« Elle quitte Serge Gainsbourg. Plusieurs raisons sont avancées : l’alcool, le mode de vie et même des coups qu’elle a reçus d’après le propre aveu de Serge Gainsbourg (aveu qu’il fait à sa première femme). » (Jane Birkin)

Donc Lou Doillon a été confrontée à une histoire familiale très douloureuse pour les femmes et les filles. Ce n’est pas parce qu’elle est de race blanche qu’elle doit se taire.

Lou Doillon et son fils

Lou Doillon et son fils (source)

Les femmes hyper-sexualisées sont quasiment toutes victimes de violence conjugale

Avec une mère qui a été une star hyper-sexualisée du show business et elle-même qui a fait de même, lorsque Lou Doillon parle du Syndrome de Stockholm, elle sait probablement très bien de quoi elle parle.

D’ailleurs, ces femmes hyper-sexualisées du show business (Beyoncé, Rihanna, Kim Kardashian, etc.) ont quasiment toutes été victimes de violence conjugale et le sont parfois encore.

« Le mariage d’Ike et Tina Turner a été placé sous le signe de la violence. Une des tristes anecdotes devenues célèbres et qui a marqué les esprits aux Etats-Unis, est celle du gâteau. Ike fait manger de force avec une grande violence un gâteau à sa femme, dont le vrai nom est Anna Mae.

Dans sa chanson, Beyoncé décrit ses ébats avec son mari et le père de sa fille Blue Ivy. Mais ce sont les paroles de ce dernier, en référence à ce drame, qui dérangent le plus les fans américains. « Je suis Ike Turner, bébé sait que je ne plaisante pas. Maintenant mange le gâteau, Anna Mae, j’ai dis mange le gâteau Anna Mae. » (Beyoncé, dans cette chanson Beyoncé fait l’apologie de la violence conjugale).

« En février 2009. Rihanna et Chris Brown sont attendus aux Grammy Awards, prestigieuse cérémonie mais le couple n’y assistera pas. Le chanteur a violemment tabassé sa petite-amie. La photo de Rihanna, le visage tuméfié, se retrouve très vite en une des tabloïds. »  (Rihanna)

« De 2000 à 2003, elle a été marié au producteur de musique Damon Thomas, elle précisera plus tard que ce dernier était violent » (Kim Kardashian).

La libération sexuelle est une arnaque patriarcale

Lou Doillon n’a rien d’une femme coincée. Elle a elle-même été hyper-sexualisée et en est revenue depuis.

Nous avons vu dans un commentaire sur le net disant que ce serait le féminisme qui permet aux femmes de « se trimbaler en string ».

Or, c’est exactement le contraire. C’est le patriarcat qui pousse les femmes à s’hyper-sexualiser et à se pornifier toujours plus.

La libération sexuelle n’a rien de féministe. Elle n’est qu’une arnaque patriarcale qui permet d’exploiter encore davantage les femmes. La libération sexuelle: une supercherie pour exploiter sexuellement les femmes

Il suffit de réfléchir un peu : est-ce que les hommes chantent en string et sont en permanence à moitié nus sur scène ou dans les publicités ?

Quand la pornification patriarcale devient féministe

Dans un commentaire, une féministe nous a transmis un article dont la chute est que Nicki Minaj serait féministe parce qu’elle dispose de son corps et que si elle a envie de se montrer comme cela, elle est libre et même puissante.

L’auteur de l’article est bien entendu un homme. Il relaye les tweets de Nicki Minaj qui prétend qu’elle serait victime de racisme parce que les photographies de femmes blanches à moitié nues présentes dans la publicité et le show business seraient largement acceptées (sic), alors que sa couverture de disque fait scandale.

La posture de Nicki Minaj et le titre de l’album (« Anaconda », allusion à la sodomie et à la symbolique phallique du serpent) donnent un résultat hautement sexualisé, voire pornifié.

Voici cet article du 25 août 2014 publié par Long Life Fashion : 3 raisons qui font de Nicki Minaj une feministe à prendre au sérieux

Et voici cette photographie qui serait féministe selon l’homme qui a écrit cet article.

Misandrie

D’ailleurs, voyez-vous  beaucoup d’hommes dans cet accoutrement et cette posture sur la couverture de leur disque et des publicités ? Bien sûr que non. Pour eux, ce serait humiliant. Ils n’accepteraient jamais et ne trouveraient pas cela libérateur et puissant.

Adulée quand elle obéit aux ordres du patriarcat, piétinée lorsqu’elle les transgresse

Tant que Lou Doillon est identifiée comme la fille de Jane Birkin, elle est adulée.

Pour le patriarcat, c’est merveilleux d’être la fille de Jane Birkin, une femme qui fut hyper-sexualisée, égérie de Serge Gainsbourg, chantant avec lui « Je t’aime moi … non plus » (chanson faisant référence à la sodomie, à l’amour passionné de la femme et au désamour de l’homme) et posant nue, notamment avec ses filles Charlotte et Kate.

Jane Bikin nue avec Charlotte et Kate

Article avec beaucoup de photos, en hommage à Kate Barry décédée le 11 décembre 2013 en tombant de sa fenêtre : Kate Barry. Au revoir à la fille de Jane Birkin, photographe reconnue

Lou Doillon a même été décorée Chevalière des arts et des lettres.

Lou Doillon et Jane Birkin

Lou Doillon avec sa mère Jane Birkin lors de la remise des insignes des Arts et des Lettres

Mais dès que Lou Doillon se permet de dénoncer ces diktats patriarcaux, elle est attaquée violemment et projetée au bas de son piédestal.

Le racisme pour réduire les femmes au silence

Blanche ou racisée, Lou Doillon a le droit de parler franchement aux autres femmes. D’ailleurs, pour elle, il n’a jamais été question de races. Elle s’exprime à propos de toutes les femmes.

Prétendre que Lou Doillon est raciste parce qu’elle ose critiquer des femmes racisées, c’est un moyen de la faire taire.

Cette prédominance du racisme par rapport à la violence envers les femmes est une méthode très efficace pour faire taire les femmes, les diviser entre races et reléguer au second plan, voire occulter, la misogynie (haine des femmes) .

Or, pour le racisme, un important travail a déjà été fait, de même que pour l’antisémitisme, ces 2 formes de haines étant même sanctionnées pénalement.

En revanche, la misogynie est aujourd’hui encore totalement niée et non sanctionnée pénalement, alors que la violence contre les femmes est responsable d’un véritable carnage (femmes agressées, violées, tuées, etc.) dans le monde entier. Donc pour notre part, nous excluons la question du racisme pour nous centrer sur la lutte contre le patriarcat, en solidarité avec toutes les femmes du monde, sans distinction de race, de religion, etc. Et cela intègre que l’on ose aussi émettre une critique à propos d’une femme, quelle que soit sa race, sa religion, etc.

L’article du Huffington Post

L’article du 20 juillet 2015 publié dans le Huffington Post donne une image très dégradée de Lou Doillon :

– dans le titre, l’expression « s’en prend à », donnant ainsi l’impression que Lou Doillon est une femme violente ;

– seules les afro-américaines Beyoncé et Nicki Minaj figurent dans le titre (Kim Kardashian est exclue) donnant ainsi l’impression que Lou Doillon est raciste ;

– dans le titre, le nom de Lou Doillon est mal orthographié, avec un beau lapsus (« Douillon », comme une douille d’arme à feu) qui accentue l’idée de violence. L’erreur a été corrigée par la suite dans l’article, mais la vignette qui apparaît lorsqu’on publie l’article contient toujours l’erreur ;

– la journaliste utilise abondamment de fausses traductions (le mot « porter » devient « crâner », etc.) pour mettre dans la bouche de Lou Doillon des expressions agressives qui ne lui appartiennent pas ;

– la phrase concernant Beyoncé est tronquée pour ne laisser que l’histoire de la douche (le fait de mendier pour attirer l’attention de son copain ivre est occulté) ;

– la photographie de l’article donne l’impression que Lou Doillon est une emmerdeuse agressive ;

– etc.

Lou Doillon - féministe

Vignette de l’article (avec le nom « Douillon »)

Voici l’intégralité de cet article du 20 juillet 2015 publié dans le Huffington Post : Lou Doillon s’en prend à Beyoncé et Nicki Minaj dans une interview à El Pais

« FÉMINISME – Elle avait conquis le public avec son premier album “Places” en 2012, et elle est de retour sur la scène musicale. Interviewée par le quotidien espagnol El Pais le 11 juillet dernier, Lou Doillon a évoqué son deuxième opus qui sortira en octobre, mais s’est également dite scandalisée par le comportement de popstars telles que Nicki Minaj ou Beyoncé.

Il faut dire que la fille de Jane Birkin, également devenue l’égérie de la marque Chloé, s’affirme comme une féministe engagée et promeut l’émancipation des femmes par rapport aux hommes. “Quand on pense à Jane Birkin ou Françoise Hardy, on les considère comme des femmes libérées. En réalité, elles ne l’étaient pas, elles le faisaient seulement paraître”, raconte-t-elle. Et d’ajouter: “Je pense que ma génération est la première à être vraiment libre”. La chanteuse de 32 ans s’enorgueillit d’ailleurs de pouvoir “foutre un mec dehors” car elle dispose de son propre salaire et d’une maison à son nom.

“On assiste à la catastrophe”

Ces droits, durement acquis, Lou Doillon redoute de les perdre à cause des frasques de certaines stars. “Quand je vois Nicki Minaj et Kim Kardashian, je suis scandalisée”, s’exclame-t-elle. “Je me dis que ma grand-mère a lutté pour autre chose que le droit de crâner en string.” La jeune femme s’en prend notamment à la chanteuse américaine Beyoncé qui “chante nue sous la douche”. “On me dit que je n’ai rien compris, que c’est une vraie féministe parce que dans ses concerts il y a un énorme écran qui le dit. C’est dangereux de croire que c’est cool”, prévient-elle.

Pour l’interprète française, un tel comportement de la part des célébrités pourrait s’apparenter au syndrome de Stockholm. “Comme les mecs ne nous tapent plus sur le cul, nous nous le faisons nous-même. Comme personne ne nous appelle ‘chienne’, nous nous appelons comme ça entre nous.” Lou Doillon regrette finalement que “les gens prennent ça à la légère”. »

La « féminité » : un outil du patriarcat pour identifier les opprimées, victimes désignées

Pourquoi les femmes doivent-elles absolument être féminines ? Et pourquoi faut-il que ce stéréotype de la « féminité » soit caricatural (cheveux longs, hauts talons, maquillage, vêtements entravants, etc.) ?

American girl in ItalyAmerican Girl in Italy, Ruth Orkin (1951)

En patriarcat, les femmes forment la classe des opprimées, la classe définie comme cible de l’oppression masculine. En tant qu’opprimées, ce sont elles aussi qui sont définies comme cibles de la violence masculine: ce sont les femmes qu’on peut harceler, violenter, violer et tuer.

Cette caricature de « féminité » permet aux hommes d’identifier immédiatement (dans la rue, par exemple) une femme comme étant une femme. Il n’y a pas de doute possible. Et puisqu’elle est une femme, autorisation implicite est donnée par le patriarcat de la harceler, la violenter, la violer et la tuer.

De plus, les vêtements entravants limitent les femmes dans leurs mouvements et en font des proies faciles qui peuvent difficilement prendre la fuite: allez courir avec des hauts talons et une jupe hyper serrée.

A Grenoble : action anti-masculiniste contre Cali

Au mois d’avril 2015, une action a été menée à Grenoble par le Commando martyr Cali-mero, section anti-masculiniste pour dénoncer le masculinisme du chanteur Cali.

Ce collectif a publié un article pour relater leur action : Cali chante « Le droit des pères », il n’est pas le bienvenu ici !

Nous vous transmettons cet article en intégralité ci-dessous :

Cali chante « Le droit des pères », il n’est pas le bienvenu ici !

Mardi 28 avril 2015 par Commando martyr Cali-mero, section anti-masculiniste

Ce mardi 28 avril 2015, le chanteur de variété Cali se produit sur la scène de « La Belle Electrique », la nouvelle salle de spectacle du « quartier » Bouchayer Viallet.

Cali soutient l’association masculiniste « Les papas = les mamans » et se fait applaudir sur scène pour la chanson « Le droit des pères », au texte on ne peut plus clair, dont nous reproduisons ici des extraits pour celles et ceux qui penseraient qu’on en rajoute ou qu’on voit le mal partout :

« C’est une tragédie Une nouvelle marche en arrière Leur partielle, meurtrière justice A posé son gros cul sur le droit des pères […] Mon amour Sache que mes mains se seront déchirées Sur l’infranchissable barbelé D’une machine à fric Qu’ils appellent justice La plus vieille des putes À la raie je lui pisse […] J’ai cette envie de meurtre Au fond de ma prière Ils m’ont volé Mon droit de père »

Pour signifier à Cali qu’il n’est pas le bienvenu et informer son public, plusieurs dizaines d’affiches ont été collées autour de La Belle Electrique.

Affiche Cali Violence

Affiche Cali Violence 2

Affiche Cali Divorce

Affiche Cali Garde alternée

Affiche Cali garde alternée violences

Pour plus d’infos sur le mouvement masculiniste : http://stop-masculinisme.org/

Commando martyr Cali-mero, section anti-masculiniste

Calimero trop injuste

Outreau : acquittement grâce à un diagnostic psy de supermarché

Affaire d’Outreau
Procès de Rennes (Ille-et-Vilaine)  du 18 mai au 5 juin 2015.

Au cours de ce 3ème procès de l’affaire d’Outreau, la cour d’assises des mineurs jugeait Daniel Legrand fils (un des acquittés du procès de 2005 de Paris) pour des faits présumés commis alors qu’il était mineur. Daniel Legrand était accusé de viols sur les 4 enfants du couple Badaoui-Delay, entre 1997 et 1999 à Outreau (Pas-de-Calais).

Procès de Rennes - affaire Outreau

Source image : L’affaire Outreau resurgit à Rennes

Daniel Legrand a été acquitté le 5 juin 2015, après réquisitoire à décharge de l’avocat général.

Nous ne remettons pas en question le verdict. Tant mieux pour Daniel Legrand s’il a été acquitté. Toutefois, nous avons quelques remarques sur la forme de ce procès, notamment à propos du diagnostic de « faux souvenirs » qui fonde l’acquittement, ainsi que sur certains points qui nous semblent peu clairs.

De façon générale, ce qu’on peut retenir du procès, c’est qu’il a véritablement été le procès de la parole des enfants et non celui de Daniel Legrand. Il a été très peu question de l’accusé, mais beaucoup des malheureux acquittés d’Outreau et de la parole des enfants qui mentiraient ou auraient de faux souvenirs.

L’impression finale qui se dégage du procès, c’est qu’il n’y a pas eu de réelles victimes mais uniquement des acquittés accusés faussement par des victimes menteuses ou à la mémoire « reconstruite ». En d’autres termes : à Outreau, il n’y a rien eu. Les enfants ont tout inventé.

Pourtant, dans l’affaire d’Outreau, 12 victimes ont été reconnues par la justice et 4 pédocriminels ont été condamnés. Mais tout cela a été très habilement balayé au cours de ce 3ème procès.

L’avocat général pose lui-même le diagnostic psy qui va fonder l’acquittement

Lors de son réquisitoire, l’avocat général Stéphane Cantero a plaidé exclusivement à décharge de l’accusé. C’est un fait rarissime.

Son réquisitoire a été si magistralement en faveur de l’accusé que la défense n’a plus eu besoin de plaider. Elle y a renoncé, comme en 2005 à Paris.

Durant tout son réquisitoire, l’avocat général n’a cessé de se prendre pour un expert psy en prétendant savoir ce qu’il y avait dans la tête des uns et des autres.

Charlotte Piret - on en rajoute - entier

Noemie Schulz - plongée dans la tête des enfants

Noemie Schulz - plus y a de monde moins c est grave

Lucie Soullier - ils se trompent - entier

Lucie Soullier - souvenirs reconstruits - entier

Cet avocat général qui pratique une psychologie de bazar ou de supermaché venait de s’en prendre 2 minutes plus tôt aux expertises des psychologues qu’il trouvait « caricaturales » (sic) :

Lucie Soullier - expertises caricaturales - entier

Finalement, dans son réquisitoire, l’avocat général décide de lui-même que les souvenirs actuels des enfants Delay sont de « faux souvenirs » (ou « souvenirs reconstruits »). Il fait donc ce qu’on peut appeler un diagnostic psy de supermarché (diagnostic psy digne de Monsieur et Madame tout le monde à la caisse d’un supermarché).

L’avocat général a terminé son réquisitoire en hurlant :

Noemie Schulz - l'avocat général hurle

Alors une question se pose : est-ce  légal, qu’au pénal, un avocat général pose lui-même un diagnostic psy ?

Dans le code de procédure pénale (ou codes annexes) il existe certainement un article qui stipule qu’au pénal une évaluation psy nécessite l’appel à un expert psy, surtout lorsque le diagnostic est utilisé pour prendre une décision au pénal.

Ce diagnostic psy posé par l’avocat général est peut-être un vice de procédure important, puisque l’acquittement est basé essentiellement sur ce diagnostic.

Pendant sa plaidoirie, l’avocat d’Enfance Majuscule, Me Guérin, avait pourtant posé la question : « Pourquoi faut-il privilégier l’hypothèse des souvenirs reconstruits par rapport à celle des réminiscences tardives ? ».

Lucie Soullier - réminiscences tardives - entier

Le témoin-vedette : un psychologue controversé

Le dernier témoin du procès fut le psychologue québécois Hubert Van Gijseghem.

Comment se fait-il que le tribunal ait choisi de faire témoigner ce psychologue fortement controversé pour ses positions pro-pédophiles ?

Et pourquoi a-t-il été programmé en dernier, comme témoin-vedette, juste avant le réquisitoire de l’avocat général ?

Au cours du procès, nous avons appris que l’avocat général avait eu un contact avec ce témoin, avant son audition, pour lui dire la raison pour laquelle il le faisait intervenir (sic).  Encore une fois, est-ce légal ?

L’intervention d’Hubert Van Gijseghem a consisté à prodiguer quelques généralités sur sa conception de la parole des enfants et de la pédophilie.

Qui est Hubert Van Gijseghem ?

Le psychologue Hubert Van Gijseghem est un personnage controversé, à la fois chantre international de la théorie pro-pédophile du Syndrome d’Aliénation Parentale, grand spécialiste des pédophiles et grand spécialiste des abus sexuels sur enfants.  La qualité de grand propagateur de cette théorie pro-pédophile et ce mélange des genres (pédophiles et enfants violés) nous  semblent problématiques.

La théorie des « faux souvenirs » qui a été utilisée par l’avocat général pour son diagnostic est le pendant de la théorie des « fausses allégations » ou Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP/AP) propagée par Hubert Van Gijseghem.

La théorie du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP/AP) a été créée en 1985 par le pro-pédophile Richard Gardner. Celle des « faux souvenirs » a été créée vers les années 90 par le pasteur pro-pédophile Ralph Underwager.

Voici des articles sur ces deux théories, leurs créateurs et d’Hubert Van Gijseghem : D’où vient cette théorie du SAP ? (bon résumé) et Comment la magistrature en est-elle venue à adopter la théorie pro-pédophile du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) ? (très complet)

L’une des théories permet de nier la parole des enfants  violés (« fausses allégations » ou SAP/AP), l’autre permet de nier la parole des enfants violés devenus adultes (« faux souvenirs »). Donc les pédocriminels peuvent se réjouir, ils peuvent sévir en tout tranquillité : deux théories psy nient à jamais la parole de leurs victimes.

Malheureusement pour les pédocriminels, ces théories n’ont jamais été reconnues par la communauté scientifique internationale (DSM, CIM, etc.) et sont même dénoncées par elle comme étant des théories dangereuses qui nient la parole des victimes.

Ces théories sont toutes deux dénoncées par les victimologues et les psychotraumatologues qui sont les professionnels à la pointe dans ce domaine. Donc l’utilisation dans une procédure pénale de ces théories non reconnues par la science et très controversées ne devrait pas être autorisée.

Notons aussi que pour Hubert Van Gijseghem, la pédophilie est une orientation sexuelle comme une autre (sic).

« Quand on lui a demandé s’il comparait les pédophiles et les homosexuels, Van Gijseghem a répondu,  »Si, par exemple, nous vivions dans une société où l’hétérosexualité était proscrite ou interdite et qu’on vous dise que vous devez faire une thérapie pour changer votre orientation sexuelle, vous diriez probablement que c’est un peu dingue. En d’autres mots, vous ne l’accepteriez pas du tout. J’utilise cette analogie pour dire qu’en effet les pédophiles ne changent pas leur orientation sexuelle. » » (source : Les pédophiles réclament les mêmes droits que les homosexuels)

Voici en quelques mots l’idéologie des créateurs des deux théories pro-pédophiles défendues par Hubert Van Gijseghem :

« Gardner, l’inventeur du syndrome d’aliénation parentale, considère par exemple :

« Il est ici pertinent pour ma théorie que la pédophilie sert des buts procréateurs. Évidemment, la pédophilie ne sert pas ce but de façon immédiate puisque les enfants ne peuvent tomber enceinte ni rendre d’autres enceintes. L’enfant attiré dans des interactions sexuelles dès l’enfance est susceptible de devenir hautement sexualisé et de rechercher activement des expériences sexuelles durant les années précédant la puberté. Un tel enfant « chargé à bloc » est susceptible de devenir plus actif au plan sexuel après la puberté et donc susceptible de transmettre rapidement ses gènes à sa progéniture. […] L’idéal est donc, du point de vue de l’ADN, que l’enfant soit sexuellement actif très tôt, qu’il ait une enfance hautement sexualisée avant d’entamer sa puberté ».

Underwager affirme quant à lui :

« Les pédophiles dépensent beaucoup de temps et d’énergie à défendre leur choix. Je ne pense pas qu’un pédophile ait à faire cela. Les pédophiles peuvent affirmer fièrement et courageusement leur choix. Ils peuvent dire que leur volonté est de trouver la meilleure façon d’aimer. Je suis également théologien, et en tant que théologien, je crois que c’est la volonté de Dieu qu’il existe de la proximité et de l’intimité, de l’unité de la chair entre les gens. Un pédophile peut dire : ’Cette proximité est une possibilité pour moi parmi les choix que j’ai faits.’ Les pédophiles sont trop sur la défensive ». » (source : Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste)

La théorie des « faux souvenirs » est défendue par Hubert Van Gijseghem au même titre que la théorie du SAP/AP dont il est le chantre international :

« Outre les thèses avancées, il est en effet particulièrement inquiétant de constater qu’un tel personnage puisse former des professionnels de l’enfance et ce malgré le fait que Van Gijseghem – qui s’appuie sur leurs travaux – semble considérer les théories pro-pédocriminelles des psychologues et experts judiciaires américains Richard Gardner et Ralph Underwager comme exprimant « une approche humaniste de la pédophilie » – comme il a affirmé lors d’une conférence à Lyon. » (source : Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste)

Il semble que ce soit même le pasteur pro-pédophile Ralph Underwager qui soit à l’origine de la « conversion » d’Hubert Van Gijseghem aux théories pro-pédophiles :

« Selon certains observateurs, le Prof. H. Van Gijseghem aurait connu une conversion similaire à celle de Philippe D. Jaffé, et ce à travers la rencontre d’un pasteur et psychologue américain, Ralph Underwager, inventeur du « Syndrome des Faux Souvenirs » (qui s’attaque surtout à la parole de femmes adultes se remémorant des abus sexuels subis pendant leur enfance). Underwager a été accusé de violences sexuelles par sa propre fille et défendait publiquement des thèses pro-pédocriminelles, appelant les « pédophiles » à « affirmer fièrement et courageusement leur choix ». Van Gijseghem semble avoir rencontré ce pasteur-psychologue au début des années 90, lors d’un procès où les deux exerçaient leur « autre » métier, ou devrait-on peut-être dire, étaient prestataires de service en tant que psychologue-expert. » (source : Ça se passe près de chez vous : des filles incestueuses aux mères aliénantes)

L’avocat général reprend les thèses d’Hubert Van Gijseghem pour poser son diagnostic psy

Malgré l’absence de validité scientifique de thèses d’Hubert Van Gijseghem,  l’avocat général les a reprises pour déclarer que les enfants Delay étaient actuellement sujets à de « faux souvenirs » (ou « souvenirs reconstruits »), et ceci sans qu’aucune expertise psy n’ait été réalisée.

En effet, aucun des enfants Delay n’a été expertisé récemment en tant qu’adulte pour prouver qu’ils auraient reconstruit leurs souvenirs pendant ces 10 dernières années, selon les dires de l’avocat général.

Le psychologue Hubert Van Gijseghem n’est pas l’expert des enfants Delay. Il ne les a jamais vus. Il n’a pas été nommé pour faire leur expertise. Donc il ne peut lui-même poser un diagnostic sur les enfants Delay.

Pour produire un diagnostic psy, il faut une expertise psy. En d’autres termes, il faut un expert à qui le tribunal va pouvoir demander : « Qu’avez-vous détecté après avoir expertisé Jonathan, Dimitri et Chérif adultes qui prouve qu’il s’agit de faux souvenirs, de souvenirs reconstruits pendant ces 10 dernières années ? ».

Il y a 10 ans, lors du procès précédent, le diagnostic posé par l’expert était différent (voir plus loin). Le diagnostic des « faux souvenirs » est un nouveau diagnostic posé sur des victimes devenues adultes et sur ce qu’elles disent aujourd’hui.

Sans nouvelle expertise, ce nouveau diagnostic de « faux souvenirs » a été posé de façon totalement anormale par des avocats, des témoins, un avocat général et des jurés (sic). C’est ce qu’on peut appeler un diagnostic psy de supermarché (diagnostic psy digne de Monsieur et Madame tout le monde à la caisse d’un supermarché).

Il y a 10 ans, en 2005, l’expertise des enfants avait été confiée à Paul Bensussan qui est, comme par hasard, le chantre français du SAP/AP (même théorie dont Van Gijseghem est le chantre international). Paul Bensussan avait alors diagnostiqué (sans voir les enfants) que les enfants mentaient parce qu’ils seraient des « enfants carencés » (façon habile de placer le très contesté SAP sans le nommer).

Dans l’affaire d’Outreau, avec deux procès à 10 ans d’intervalle (2005 et 2015), nous trouvons le schéma classique des procès pédocriminels :

– lorsque des enfants sont violés, on diagnostique de « fausses allégations » (SAP) pendant qu’ils sont enfants,

– lorsque les enfants violés deviennent adultes, on diagnostique des « faux souvenirs ».

Conséquence : les victimes ne sont jamais entendues grâce à ces théories créées par des pro-pédophiles notoires qui ont soigneusement bétonné le terrain de toutes parts, pour tous les âges.

L’avocat général diagnostique un effet Rosenthal

Au cours de son réquisitoire, l’avocat général a même utilisé la théorie psy de l’effet Rosenthal (source) pour prétendre que le juge Burgaud était aux prises avec l’effet Rosenthal.

Pour information, l’effet Rosenthal se compose de 2 pôles : la perception négative d’une personne (nommée effet Rosenthal) et la perception positive d’une personne (nommée effet Pygmalion).

Les théories anti-victimaires comme le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP(AP) s’appuient sur cet effet Rosenthal négatif (pour les victimes) et positif (pour les pédocriminels) pour innocenter des pédocriminels.

C’est donc les défenseurs des victimes qui dénoncent régulièrement l’effet Rosenthal.

Utiliser le versant négatif de cette théorie pour défendre un accusé de pédocriminalité est donc particulièrement révoltant (inversion, récupération), car ce sont justement les victimes qui subissent le versant négatif de l’effet Rosenthal (conviction qu’ils mentent) et les agresseurs qui profitent du versant positif (conviction qu’ils disent la vérité).

La preuve. Dans ce 3ème procès, Daniel Legrand a profité d’un gigantesque effet Pygmalion : il était considéré par tous comme innocent.

Voir cet article très complet sur ce thème : L’effet Rosenthal ou Pygmalion du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP)

Un avocat de la défense mis en examen

Me Hubert Delarue est un des avocats de Daniel Legrand. Il a été mis en examen le 10 mars 2015 pour usage de faux :

« L’avocat amiénois Hubert Delarue a été mis en examen à Lille pour usage de faux, soupçonné d’avoir transmis à un juge une fausse promesse d’embauche pour un client qui demandait sa mise en liberté, a annoncé aujourd’hui son avocat, Me Henri Leclerc. » (source : L’avocat Hubert Delarue mis en examen)

Comment se fait-il que ce soit cet avocat mis en examen qui a été le porte-parole des avocats de la défense pour annoncer qu’ils ne plaideraient pas ?

Raser les lieux du crime : un aveu ?

Le lendemain de l’acquittement, nous apprenions avec stupéfaction qu’il est question de démolir la Tour du Renard et de raser le bloc Les Merles où vivait le couple Delay-Badaoui » :

« Le quartier de la Tour-du-Renard, stigmatisé avec l’affaire d’Outreau, sera démoli et reconstruit dans les années qui viennent. Le bloc Les Merles, où habitait le couple Delay-Badaoui, sera rasé. Il faudra peut-être que la ville pense à rebaptiser l’endroit. » (source : Outreau : la ville reste marquée par l’affaire, mais plus personne n’en parle

Mais pourquoi veut-on raser ces immeubles ? On ne démolit des habitations que s’il y a eu des crimes abominables démontrés par justice (comme l’affaire Dutroux, par exemple).

Raser la maison de Dutroux où il y a eu des crimes abominables semble logique. Mais l’affaire Outreau est-elle comparable ?

Raser ces immeubles pourrait presque être une forme d’aveu, car lorsque l’erreur judiciaire a été prouvée par la justice, pourquoi démolir le lieu du crime qui n’a jamais existé ?

Depuis 2005, les médias unanimes ne cessent de clamer l’innocence des acquittés. Donc pourquoi ne pas habiter sereinement dans ces lieux. S’il n’y a rien eu, il n’y a pas de problème.

Dans le cas d’Outreau, la France entière, le monde entier pensent qu’il ne s’est strictement rien passé, qu’il n’y a pas de victimes, pas de condamnés parce que les enfants auraient menti. Donc pour 4 condamnations pédocriminelles dont personne n’a connaissance et auxquelles personne ne croit, il faudrait raser des immeubles ?

Avec la quantité d’affaires pédocriminelles qui sortent en ce moment en France comme en Angleterre, cela va faire beaucoup immeubles à raser en France.

Et dans l’affaire d’Outreau, selon la version officielle, il s’agit en plus de fausses allégations (les enfants auraient mentis). Donc même en cas de fausses allégations de pédocriminalité, il faudrait démolir l’immeuble et même le bloc d’immeubles ?

Dans ce cas, après la Tour du Renard et le bloc Les Merles, il faudra penser à démolir Buckingham Palace où il y a aussi eu fausses allégations de pédocriminalité ?

S’il s’agit uniquement d’une question de réputation (ce serait stigmatisant d’habiter dans ces lieux), cela ne justifie pas la destruction d’immeubles.

Sinon il faudra aussi penser à raser la ville d’Outreau, parce que peu de gens connaissent les noms de la Tour Du Renard et du bloc Les Merles. C’est le nom d’Outreau qui est célèbre.

Pour la question du nom qui rappelle l’affaire, il suffit de rebaptiser ces immeubles et même de rebaptiser la ville d’Outreau.

Alors pourquoi veut-on raser ces immeubles ? Aurait-on peur d’enquêtes futures ? Par exemple, celle de la petite fille tuée, pour laquelle plusieurs déclarations concordaient ?

Veut-on vite effacer toute trace pour empêcher de futures enquêtes ?

Le rapporteur de l’ONU

En 2003, le rapporteur de l’ONU dénonçait la situation dramatique en matière de pédocriminalité en France. Voici deux articles à propos de ce rapport :

Article du Nouvel Obs du 12 mars 2003 : L’ONU tance la France « Un rapport préliminaire du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme accable la justice française et le Conseil de l’ordre des médecins. Les actes pédocriminels seraient sous-estimés et négligés. »

Article de Me Derville du 2 juin 2011 (avec possibilité de télécharger le rapport de l’ONU) : Pédocriminalité en France, rapport accablant de l’ONU en 2003

Passages de cet article :

« 52. Dans plusieurs cas qui ont été communiqués au Rapporteur spécial, il a été signalé que les individus accusés de commettre des abus étaient étroitement liés à des membres de l’appareil judiciaire ou à des individus occupant de hautes fonctions dans l’administration publique, qui étaient en mesure d’influencer l’issue des procédures à leur détriment, argument qui avait été également formulé par la Division nationale pour la répression des atteintes aux personnes et aux biens.  (…)

81. […] Le Rapporteur spécial constate pourtant que de nombreuses personnes ayant une responsabilité dans la protection des droits de l’enfant, en particulier dans le système judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène

87. Des enquêtes complètes et impartiales doivent être menées à l’encontre des auteurs présumés de sévices, en particulier lorsque les expertises médicales, les évaluations des psychologues et les rapports des travailleurs sociaux étayent les allégations de sévices sexuels.

88. Le Gouvernement français devrait transmettre officiellement le CD-ROM «Zandvoort» à INTERPOL aux fins d’examen et de confirmation de l’âge des photos qui y sont contenues.

89. Le Rapporteur spécial tient à recommander à nouveau qu’un organe indépendant mène de toute urgence une enquête sur les carences de la justice à l’égard des enfants victimes de sévices sexuels et des personnes essayant de les protéger.»

Au Parlement européen : colloque sur la pédocriminalité

Le 28 janvier 2004, un colloque sur la pédocriminalité s’est tenu au Parlement européen à Bruxelles.

Au cours de ce colloque, l’eurodéputée Sylviane Ainardi a dénoncé le négationnisme qui existe en matière de pédocriminalité et le juge Ferdinando (président honoraire de la Cour de cassation italienne et ex pool antimafia) a dénoncé la culture de la pédophilie de la France en ajoutant qu’il n’a jamais pu collaborer correctement avec ses collègues français sur les dossiers de pédocriminalité.

« En marge de l’affaire Dutroux, un colloque sur la pédocriminalité s’est tenu dans l’enceinte du Parlement européen à Bruxelles, le 28 janvier 2004, à l’initiative du groupe des Gauches unitaire européenne-Gauche Verte nordique. Eurodéputée communiste et coorganisatrice, Sylviane Ainardi dénonce une véritable forme de négationnisme :  » La pédocriminalité est niée par beaucoup de personnes honnêtes, parce c’est quelque chose qui dérange, qui dépasse l’entendement.

(…) Bouleversée par les révélations de l’Humanité en février 2000 sur le cédérom de Zandvoort, cette élue n’a cessé de se battre pour sensibiliser le Parlement, aider les associations de victimes, protéger les parents protecteurs et les citoyens qui refusent le silence (…)

(…) il manque une véritable volonté politique.  » Rescapé du pool antimafia, président honoraire de la Cour de cassation italienne, le juge Ferdinando Imposimato confirme. Il regrette de n’avoir jamais pu collaborer correctement avec ses collègues français sur ces dossiers :  » Selon moi, il existe en France une tolérance, une culture de la pédophilie qui tend à banaliser et donc à renforcer a pédocriminalité. » (source : Pédophilie. La pédocriminalité via Internet)

Daniel Legrand : ses aveux et sa larme

Les aveux de Daniel Legrand correspondent aux déclarations des enfants victimes. Alors comment peut-on croire lorsqu’il revient sur ses aveux qu’il s’agit de mensonges ?

Il aurait aussi été intéressant de faire témoigner l’ex-compagne de Daniel Legrand, la mère de Tom, leur petit garçon de 4 ans (source) pour connaître son comportement avec l’enfant et sa mère. Pourquoi n’a-t-elle pas été appelée à témoigner ?

D’autre part, beaucoup de personnes ont remarqué le tatouage d’une larme sous l’œil gauche de Daniel Legrand. Alors que signifie ce tatouage ?

Daniel Legrand - tatouage 2

Source de l’image :
Article de 20Minutes.fr

Avec son séjour en prison et son passé de consommateur/importateur de stupéfiants, principalement de l’héroïne (source) Daniel Legrand connaît sans doute la symbolique de son tatouage ?

Le tatouage de larme sur le visage est extrêmement connoté (gang, assassinat, prison, pédocriminalité, etc.) et les tatoueurs refusent souvent de le faire pour cette raison. Le tatouage d’une larme vide a un sens très précis. Le fait que le tatouage de larme soit sous l’œil gauche également. Voici quelques sens possibles :

« Adhésion ou dans un gang de rue, une histoire du temps passé en prison ou des souffrances après la mort d’un être cher sont trois significations de tatouages ​​en forme de larme situés sur son visage. Un tatouage en forme de larme peut également indiquer que le porteur s’engage dans un ou plusieurs meurtres. Dans les prisons australiennes, un tatouage de larme a une signification complètement différente. Là, les détenus condamnés pour des abus ou de harcèlement sexuel d’enfants sont souvent retenus par d’autres prisonniers et un design en forme de larme tatouée. » (source : Quelle est la signification d’un tatouage en forme de larme)

« Les larmes, ou gouttes d’eau: le sens de ce tatouage varie géographiquement. Dans certains endroits, une larme représente une longue peine de prison, dans d’autres, elle signifie que le porteur a commis un assassinat. Parfois, le tatouage de la larme est vide, ceci signifie une tentative d’assassinat, ou que l’un des amis du détenu a été assassiné et qu’il veut le venger. Les rappeurs et d’autres célébrités ont popularisé ce tatouage de prison pour avoir l’air «dur» » (source : Tatouages des prisons et leurs secrètes significations!).

Les médias et les réseaux sociaux

Daniel Legrand et les autres acquittés sont des personnes d’un milieu très modeste. Il ne s’agit pas de célébrités.

Alors pourquoi ce déchaînement, cette hargne des médias et des réseaux sociaux contre les personnes qui s’interrogent sur ces procès ?

En quoi le très faible contradictoire gêne-t-il autant les médias et les réseaux sociaux, alors que la défense a devant elle un tapis rouge ?

De façon générale, la haine et la violence qui se déversent sur les victimes de la pédocriminalité et leurs soutiens est un grave problème en France. C’est même une spécificité de la France.

Amalgamer des associations extrémistes avec les soutiens des enfants victimes de la pédocriminalité est aussi spécifique à la France. De même que de traiter de complotistes, révisionnistes, etc. ceux qui s’interrogent sur une affaire.

Par exemple, dans l’affaire Outreau, les victimes et leurs soutiens ont toujours été parfaitement calmes, alors que  défenseurs de Daniel Legrand déversent leur haine dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Beaucoup de victimes n’ont pas été entendues

Comme les médias n’en parlent pas, il est important de rappeler que 12 enfants victimes ont été reconnus par la justice dans l’affaire d’Outreau.

Au procès de Daniel Legrand, comment se fait-il que seuls trois enfants Delay ont été entendus et pas les 12 victimes reconnues par la justice, alors que 10 acquittés de 2005 ont témoignés (source) ?

Comment se fait-il qu’à la place d’entendre les 12 victimes ont ait entendu 10 acquittés du procès de 2005 qui sont tous venus à la barre pour dire qu’ils ne connaissent pas Daniel Legrand et pour s’émouvoir de leur condamnation de 2002. En quoi cela concerne-t-il le procès de Daniel Legrand ?

D’autre part, Emeline Delay (une demi-sœur) qui a témoigné ne fait pas partie des 12 victimes reconnues par justice. Pourquoi est-ce elle qui a été entendue et non les 9 autres victimes ?

Pourquoi ne sont-ce pas les enfants des ex-accusés qui témoignent, ceux pour lesquels il y a eu des signalements de pédocriminalité ?

Enquête sur les aspects financiers

Une enquête sérieuse d’une affaire criminelle passe par l’analyse de la comptabilité des accusés. Alors pourquoi ces questions d’argent n’ont-elles pas été investiguées par la justice ?

Comment Daniel Legrand peut-il se payer 6 avocats voire plus, dont le célèbre Eric Dupond-Moretti ? Il n’a certainement pas les moyens de se payer tout cela ? Donc qui paye ?

Noemie Schulz - les 6 avocats de DL

L’aide juridictionnelle ne paye pas 6 avocats ou plus à un accusé. Donc qui paye les nombreux avocats de Daniel Legrand ?

Quant à Myriam Badaoui, il semble qu’elle ait fait des interventions importantes de chirurgie esthétique pendant son incarcération ? Si c’est le cas, qui paye ces milliers d’euros ?

Et pourquoi a-t-elle  eu droit à un traitement de faveur pour son audition au tribunal de Rennes : arrivée en camion payé par le contribuable, entrée par la porte des jurés, cachée par un plastique, interdiction de filmer, photographie et dessiner.

Il est légitime de se demander pourquoi l’on protège cette pédocriminelle reconnue par la justice et condamnée.

Jonathan Delay

Une vidéo du 5 juin 2015 dans laquelle Jonathan Delay s’exprime de façon remarquable peu après le verdict : Outreau 3 (Jour 13) Réactions de Jonathan Delay suite au verdict d’acquittement de Daniel Legrand

Une vidéo d’une interview de Jonathan Delay du 20 mai 2015 : Outreau, comment tout a commencé. Conversation exclusive avec Jonathan Delay

A 23.20 de cette vidéo, Jonathan Delay se demande qui est derrière le revirement de Myriam Badaoui (pacte, contrat, etc.)

A 36.00 de cette vidéo, Jonathan Delay dit que les acquittés ont touchés entre 250’000 à 2.2 millions d’euros et les victimes entre 10’000 et 30’000 euros

Plaidoirie de Me Reviron

La plaidoirie de Me Patrice Reviron, l’avocat de Jonathan, a été totalement à décharge de l’accusé.

L’avocat termine sa plaidoirie (la dernière phrase d’une plaidoirie a un impact puissant) en disant « Dans ce dossier, il n’y a pas de vrais pédophiles, c’est de la pédophilie secondaire ».

Jean-Philippe Deniau - pas de pédophilie - entier

Comment un avocat de la partie plaignante peut-il plaider pour la défense ? Est-ce normal ?

Me Reviron a d’ailleurs avoué pendant sa plaidoirie que c’était la première fois qu’il défendait une partie plaignante.

Charlotte Piret - reviron jamais partie civile

Il a même ajouté qu’habituellement il défendait des violeurs et des assassins.

Charlotte Piret - reviron défend assassins

Pourquoi a-t-il eu besoin de dire cela ?

Outreau, l’autre vérité

La version intégrale du  film de Serge Garde : Outreau, l’autre vérité Cette vidéo qui comptait déjà plus de 95’000 vues a été supprimée récemment par Youtube.

Voici la même vidéo sur un autre compte Youtube : « Outreau, l’autre vérité » Film- Documentaire de Serge Garde

Et voici un remarquable reportage sur le film, réalisé par les étudiants de l’Université Panthéon-Assas, avec interview de Serge Garde (réalisateur) et Bernard de la Villardière (producteur) : « Outreau l’autre vérité » : le film qui redonne la parole

Audition de l’avocate d’Enfance Majuscule

Vidéo du 24 avril 2011 sur LCP Public Sénat de l’audition de Maître Leduc-Novi, avocate de l’association Enfance Majuscule : Commission d’enquête sur le procès d’Outreau. Audition de maître Leduc-Novi (1/4)

Cette audition est fondamentale.

A voir absolument.

Il s’agit de 4 vidéos qui s’enchaînent. Dans la 2ème vidéo, Me Leduc-Novi parle de dysfonctionnements importants dans cette affaire.

Hélène Romano et Béatrice Brugère

Interview  sur LCP Public Sénat du 22 mai 2015 : Ça Vous Regarde – Le débat : Outreau III : le procès de la dernière chance ?

Avec Hélène Romano (docteur en psychopathologie et expert près tribunaux) et Béatrice Brugère (vice-procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Paris et secrétaire générale du Syndicat national des magistrats FO).

Hélène Romano

Dernier article d’Hélène Romano (Dr. en psychopathologie)  du 8 juin 2015 sur Huffington Post : D’Auschwitz à Outreau: la mémoire massacrée des enfants survivants

Article d’Hélène Romano du 29 mai 2015 sur Huffington Post : A mort le juge ! » : à qui profite le « bashing » du juge Burgaud?

Vidéo de l’interview d’Hélène Romano du 19 mai 2015 sur Europe1 : Outreau : « suspicion sur la parole de l’enfant

Maurice Berger

Un article du Dr. Maurice Berger (pédopsychiatre renommé) du 3 juin 2015 sur Huffington Post, à propos des experts non formés qui interviennent dans l’affaire Outreau : Outreau : ma réponse de « pseudo-sachant » aux vrais « méprisants »

Karl Zéro

Excellent article de Karl Zéro su 5 juin 2015 : Mon avis sur le troisième procès Outreau

Vidéo de Karl Zéro du 20 mai 2005 : Outreau ou pas assez ? Serge Garde : encore !

Vidéo de Karl Zéro du 14 avril 2015   : Zandvoort, le fichier de la honte – Karl Zéro Absolu

Elise Lucet

En France, la situation est si grave que même Elise Lucet renonce à faire des enquêtes sur la pédocriminalité : La France, paradis des réseaux pédophiles ?

« Très vite refermé, le tombeau de la pédophilie fut ouvert un soir, sur la télévision publique, avec un reportage télévisé diffusé en 2000 sur France 3 dans l’émission Paroles d’enfants ; reportage réalisé par les journalistes Pascale Justice, Stéphane Taponier et Cécile Toulec, et présenté par Élise Lucet qui ne reviendra jamais plus à la pédophilie et à l’exploration de l’impunité qui semble entourer les acteurs des réseaux pédophiles»

L’article ci-dessus est de Martine Bouillon, substitut du procureur de Bobigny au moment du tournage du documentaire, et administratrice de l’association La Voix de l’enfant.