Outreau : acquittement grâce à un diagnostic psy de supermarché

Affaire d’Outreau
Procès de Rennes (Ille-et-Vilaine)  du 18 mai au 5 juin 2015.

Au cours de ce 3ème procès de l’affaire d’Outreau, la cour d’assises des mineurs jugeait Daniel Legrand fils (un des acquittés du procès de 2005 de Paris) pour des faits présumés commis alors qu’il était mineur. Daniel Legrand était accusé de viols sur les 4 enfants du couple Badaoui-Delay, entre 1997 et 1999 à Outreau (Pas-de-Calais).

Procès de Rennes - affaire Outreau

Source image : L’affaire Outreau resurgit à Rennes

Daniel Legrand a été acquitté le 5 juin 2015, après réquisitoire à décharge de l’avocat général.

Nous ne remettons pas en question le verdict. Tant mieux pour Daniel Legrand s’il a été acquitté. Toutefois, nous avons quelques remarques sur la forme de ce procès, notamment à propos du diagnostic de « faux souvenirs » qui fonde l’acquittement, ainsi que sur certains points qui nous semblent peu clairs.

De façon générale, ce qu’on peut retenir du procès, c’est qu’il a véritablement été le procès de la parole des enfants et non celui de Daniel Legrand. Il a été très peu question de l’accusé, mais beaucoup des malheureux acquittés d’Outreau et de la parole des enfants qui mentiraient ou auraient de faux souvenirs.

L’impression finale qui se dégage du procès, c’est qu’il n’y a pas eu de réelles victimes mais uniquement des acquittés accusés faussement par des victimes menteuses ou à la mémoire « reconstruite ». En d’autres termes : à Outreau, il n’y a rien eu. Les enfants ont tout inventé.

Pourtant, dans l’affaire d’Outreau, 12 victimes ont été reconnues par la justice et 4 pédocriminels ont été condamnés. Mais tout cela a été très habilement balayé au cours de ce 3ème procès.

L’avocat général pose lui-même le diagnostic psy qui va fonder l’acquittement

Lors de son réquisitoire, l’avocat général Stéphane Cantero a plaidé exclusivement à décharge de l’accusé. C’est un fait rarissime.

Son réquisitoire a été si magistralement en faveur de l’accusé que la défense n’a plus eu besoin de plaider. Elle y a renoncé, comme en 2005 à Paris.

Durant tout son réquisitoire, l’avocat général n’a cessé de se prendre pour un expert psy en prétendant savoir ce qu’il y avait dans la tête des uns et des autres.

Charlotte Piret - on en rajoute - entier

Noemie Schulz - plongée dans la tête des enfants

Noemie Schulz - plus y a de monde moins c est grave

Lucie Soullier - ils se trompent - entier

Lucie Soullier - souvenirs reconstruits - entier

Cet avocat général qui pratique une psychologie de bazar ou de supermaché venait de s’en prendre 2 minutes plus tôt aux expertises des psychologues qu’il trouvait « caricaturales » (sic) :

Lucie Soullier - expertises caricaturales - entier

Finalement, dans son réquisitoire, l’avocat général décide de lui-même que les souvenirs actuels des enfants Delay sont de « faux souvenirs » (ou « souvenirs reconstruits »). Il fait donc ce qu’on peut appeler un diagnostic psy de supermarché (diagnostic psy digne de Monsieur et Madame tout le monde à la caisse d’un supermarché).

L’avocat général a terminé son réquisitoire en hurlant :

Noemie Schulz - l'avocat général hurle

Alors une question se pose : est-ce  légal, qu’au pénal, un avocat général pose lui-même un diagnostic psy ?

Dans le code de procédure pénale (ou codes annexes) il existe certainement un article qui stipule qu’au pénal une évaluation psy nécessite l’appel à un expert psy, surtout lorsque le diagnostic est utilisé pour prendre une décision au pénal.

Ce diagnostic psy posé par l’avocat général est peut-être un vice de procédure important, puisque l’acquittement est basé essentiellement sur ce diagnostic.

Pendant sa plaidoirie, l’avocat d’Enfance Majuscule, Me Guérin, avait pourtant posé la question : « Pourquoi faut-il privilégier l’hypothèse des souvenirs reconstruits par rapport à celle des réminiscences tardives ? ».

Lucie Soullier - réminiscences tardives - entier

Le témoin-vedette : un psychologue controversé

Le dernier témoin du procès fut le psychologue québécois Hubert Van Gijseghem.

Comment se fait-il que le tribunal ait choisi de faire témoigner ce psychologue fortement controversé pour ses positions pro-pédophiles ?

Et pourquoi a-t-il été programmé en dernier, comme témoin-vedette, juste avant le réquisitoire de l’avocat général ?

Au cours du procès, nous avons appris que l’avocat général avait eu un contact avec ce témoin, avant son audition, pour lui dire la raison pour laquelle il le faisait intervenir (sic).  Encore une fois, est-ce légal ?

L’intervention d’Hubert Van Gijseghem a consisté à prodiguer quelques généralités sur sa conception de la parole des enfants et de la pédophilie.

Qui est Hubert Van Gijseghem ?

Le psychologue Hubert Van Gijseghem est un personnage controversé, à la fois chantre international de la théorie pro-pédophile du Syndrome d’Aliénation Parentale, grand spécialiste des pédophiles et grand spécialiste des abus sexuels sur enfants.  La qualité de grand propagateur de cette théorie pro-pédophile et ce mélange des genres (pédophiles et enfants violés) nous  semblent problématiques.

La théorie des « faux souvenirs » qui a été utilisée par l’avocat général pour son diagnostic est le pendant de la théorie des « fausses allégations » ou Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP/AP) propagée par Hubert Van Gijseghem.

La théorie du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP/AP) a été créée en 1985 par le pro-pédophile Richard Gardner. Celle des « faux souvenirs » a été créée vers les années 90 par le pasteur pro-pédophile Ralph Underwager.

Voici des articles sur ces deux théories, leurs créateurs et d’Hubert Van Gijseghem : D’où vient cette théorie du SAP ? (bon résumé) et Comment la magistrature en est-elle venue à adopter la théorie pro-pédophile du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) ? (très complet)

L’une des théories permet de nier la parole des enfants  violés (« fausses allégations » ou SAP/AP), l’autre permet de nier la parole des enfants violés devenus adultes (« faux souvenirs »). Donc les pédocriminels peuvent se réjouir, ils peuvent sévir en tout tranquillité : deux théories psy nient à jamais la parole de leurs victimes.

Malheureusement pour les pédocriminels, ces théories n’ont jamais été reconnues par la communauté scientifique internationale (DSM, CIM, etc.) et sont même dénoncées par elle comme étant des théories dangereuses qui nient la parole des victimes.

Ces théories sont toutes deux dénoncées par les victimologues et les psychotraumatologues qui sont les professionnels à la pointe dans ce domaine. Donc l’utilisation dans une procédure pénale de ces théories non reconnues par la science et très controversées ne devrait pas être autorisée.

Notons aussi que pour Hubert Van Gijseghem, la pédophilie est une orientation sexuelle comme une autre (sic).

« Quand on lui a demandé s’il comparait les pédophiles et les homosexuels, Van Gijseghem a répondu,  »Si, par exemple, nous vivions dans une société où l’hétérosexualité était proscrite ou interdite et qu’on vous dise que vous devez faire une thérapie pour changer votre orientation sexuelle, vous diriez probablement que c’est un peu dingue. En d’autres mots, vous ne l’accepteriez pas du tout. J’utilise cette analogie pour dire qu’en effet les pédophiles ne changent pas leur orientation sexuelle. » » (source : Les pédophiles réclament les mêmes droits que les homosexuels)

Voici en quelques mots l’idéologie des créateurs des deux théories pro-pédophiles défendues par Hubert Van Gijseghem :

« Gardner, l’inventeur du syndrome d’aliénation parentale, considère par exemple :

« Il est ici pertinent pour ma théorie que la pédophilie sert des buts procréateurs. Évidemment, la pédophilie ne sert pas ce but de façon immédiate puisque les enfants ne peuvent tomber enceinte ni rendre d’autres enceintes. L’enfant attiré dans des interactions sexuelles dès l’enfance est susceptible de devenir hautement sexualisé et de rechercher activement des expériences sexuelles durant les années précédant la puberté. Un tel enfant « chargé à bloc » est susceptible de devenir plus actif au plan sexuel après la puberté et donc susceptible de transmettre rapidement ses gènes à sa progéniture. […] L’idéal est donc, du point de vue de l’ADN, que l’enfant soit sexuellement actif très tôt, qu’il ait une enfance hautement sexualisée avant d’entamer sa puberté ».

Underwager affirme quant à lui :

« Les pédophiles dépensent beaucoup de temps et d’énergie à défendre leur choix. Je ne pense pas qu’un pédophile ait à faire cela. Les pédophiles peuvent affirmer fièrement et courageusement leur choix. Ils peuvent dire que leur volonté est de trouver la meilleure façon d’aimer. Je suis également théologien, et en tant que théologien, je crois que c’est la volonté de Dieu qu’il existe de la proximité et de l’intimité, de l’unité de la chair entre les gens. Un pédophile peut dire : ’Cette proximité est une possibilité pour moi parmi les choix que j’ai faits.’ Les pédophiles sont trop sur la défensive ». » (source : Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste)

La théorie des « faux souvenirs » est défendue par Hubert Van Gijseghem au même titre que la théorie du SAP/AP dont il est le chantre international :

« Outre les thèses avancées, il est en effet particulièrement inquiétant de constater qu’un tel personnage puisse former des professionnels de l’enfance et ce malgré le fait que Van Gijseghem – qui s’appuie sur leurs travaux – semble considérer les théories pro-pédocriminelles des psychologues et experts judiciaires américains Richard Gardner et Ralph Underwager comme exprimant « une approche humaniste de la pédophilie » – comme il a affirmé lors d’une conférence à Lyon. » (source : Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste)

Il semble que ce soit même le pasteur pro-pédophile Ralph Underwager qui soit à l’origine de la « conversion » d’Hubert Van Gijseghem aux théories pro-pédophiles :

« Selon certains observateurs, le Prof. H. Van Gijseghem aurait connu une conversion similaire à celle de Philippe D. Jaffé, et ce à travers la rencontre d’un pasteur et psychologue américain, Ralph Underwager, inventeur du « Syndrome des Faux Souvenirs » (qui s’attaque surtout à la parole de femmes adultes se remémorant des abus sexuels subis pendant leur enfance). Underwager a été accusé de violences sexuelles par sa propre fille et défendait publiquement des thèses pro-pédocriminelles, appelant les « pédophiles » à « affirmer fièrement et courageusement leur choix ». Van Gijseghem semble avoir rencontré ce pasteur-psychologue au début des années 90, lors d’un procès où les deux exerçaient leur « autre » métier, ou devrait-on peut-être dire, étaient prestataires de service en tant que psychologue-expert. » (source : Ça se passe près de chez vous : des filles incestueuses aux mères aliénantes)

L’avocat général reprend les thèses d’Hubert Van Gijseghem pour poser son diagnostic psy

Malgré l’absence de validité scientifique de thèses d’Hubert Van Gijseghem,  l’avocat général les a reprises pour déclarer que les enfants Delay étaient actuellement sujets à de « faux souvenirs » (ou « souvenirs reconstruits »), et ceci sans qu’aucune expertise psy n’ait été réalisée.

En effet, aucun des enfants Delay n’a été expertisé récemment en tant qu’adulte pour prouver qu’ils auraient reconstruit leurs souvenirs pendant ces 10 dernières années, selon les dires de l’avocat général.

Le psychologue Hubert Van Gijseghem n’est pas l’expert des enfants Delay. Il ne les a jamais vus. Il n’a pas été nommé pour faire leur expertise. Donc il ne peut lui-même poser un diagnostic sur les enfants Delay.

Pour produire un diagnostic psy, il faut une expertise psy. En d’autres termes, il faut un expert à qui le tribunal va pouvoir demander : « Qu’avez-vous détecté après avoir expertisé Jonathan, Dimitri et Chérif adultes qui prouve qu’il s’agit de faux souvenirs, de souvenirs reconstruits pendant ces 10 dernières années ? ».

Il y a 10 ans, lors du procès précédent, le diagnostic posé par l’expert était différent (voir plus loin). Le diagnostic des « faux souvenirs » est un nouveau diagnostic posé sur des victimes devenues adultes et sur ce qu’elles disent aujourd’hui.

Sans nouvelle expertise, ce nouveau diagnostic de « faux souvenirs » a été posé de façon totalement anormale par des avocats, des témoins, un avocat général et des jurés (sic). C’est ce qu’on peut appeler un diagnostic psy de supermarché (diagnostic psy digne de Monsieur et Madame tout le monde à la caisse d’un supermarché).

Il y a 10 ans, en 2005, l’expertise des enfants avait été confiée à Paul Bensussan qui est, comme par hasard, le chantre français du SAP/AP (même théorie dont Van Gijseghem est le chantre international). Paul Bensussan avait alors diagnostiqué (sans voir les enfants) que les enfants mentaient parce qu’ils seraient des « enfants carencés » (façon habile de placer le très contesté SAP sans le nommer).

Dans l’affaire d’Outreau, avec deux procès à 10 ans d’intervalle (2005 et 2015), nous trouvons le schéma classique des procès pédocriminels :

– lorsque des enfants sont violés, on diagnostique de « fausses allégations » (SAP) pendant qu’ils sont enfants,

– lorsque les enfants violés deviennent adultes, on diagnostique des « faux souvenirs ».

Conséquence : les victimes ne sont jamais entendues grâce à ces théories créées par des pro-pédophiles notoires qui ont soigneusement bétonné le terrain de toutes parts, pour tous les âges.

L’avocat général diagnostique un effet Rosenthal

Au cours de son réquisitoire, l’avocat général a même utilisé la théorie psy de l’effet Rosenthal (source) pour prétendre que le juge Burgaud était aux prises avec l’effet Rosenthal.

Pour information, l’effet Rosenthal se compose de 2 pôles : la perception négative d’une personne (nommée effet Rosenthal) et la perception positive d’une personne (nommée effet Pygmalion).

Les théories anti-victimaires comme le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP(AP) s’appuient sur cet effet Rosenthal négatif (pour les victimes) et positif (pour les pédocriminels) pour innocenter des pédocriminels.

C’est donc les défenseurs des victimes qui dénoncent régulièrement l’effet Rosenthal.

Utiliser le versant négatif de cette théorie pour défendre un accusé de pédocriminalité est donc particulièrement révoltant (inversion, récupération), car ce sont justement les victimes qui subissent le versant négatif de l’effet Rosenthal (conviction qu’ils mentent) et les agresseurs qui profitent du versant positif (conviction qu’ils disent la vérité).

La preuve. Dans ce 3ème procès, Daniel Legrand a profité d’un gigantesque effet Pygmalion : il était considéré par tous comme innocent.

Voir cet article très complet sur ce thème : L’effet Rosenthal ou Pygmalion du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP)

Un avocat de la défense mis en examen

Me Hubert Delarue est un des avocats de Daniel Legrand. Il a été mis en examen le 10 mars 2015 pour usage de faux :

« L’avocat amiénois Hubert Delarue a été mis en examen à Lille pour usage de faux, soupçonné d’avoir transmis à un juge une fausse promesse d’embauche pour un client qui demandait sa mise en liberté, a annoncé aujourd’hui son avocat, Me Henri Leclerc. » (source : L’avocat Hubert Delarue mis en examen)

Comment se fait-il que ce soit cet avocat mis en examen qui a été le porte-parole des avocats de la défense pour annoncer qu’ils ne plaideraient pas ?

Raser les lieux du crime : un aveu ?

Le lendemain de l’acquittement, nous apprenions avec stupéfaction qu’il est question de démolir la Tour du Renard et de raser le bloc Les Merles où vivait le couple Delay-Badaoui » :

« Le quartier de la Tour-du-Renard, stigmatisé avec l’affaire d’Outreau, sera démoli et reconstruit dans les années qui viennent. Le bloc Les Merles, où habitait le couple Delay-Badaoui, sera rasé. Il faudra peut-être que la ville pense à rebaptiser l’endroit. » (source : Outreau : la ville reste marquée par l’affaire, mais plus personne n’en parle

Mais pourquoi veut-on raser ces immeubles ? On ne démolit des habitations que s’il y a eu des crimes abominables démontrés par justice (comme l’affaire Dutroux, par exemple).

Raser la maison de Dutroux où il y a eu des crimes abominables semble logique. Mais l’affaire Outreau est-elle comparable ?

Raser ces immeubles pourrait presque être une forme d’aveu, car lorsque l’erreur judiciaire a été prouvée par la justice, pourquoi démolir le lieu du crime qui n’a jamais existé ?

Depuis 2005, les médias unanimes ne cessent de clamer l’innocence des acquittés. Donc pourquoi ne pas habiter sereinement dans ces lieux. S’il n’y a rien eu, il n’y a pas de problème.

Dans le cas d’Outreau, la France entière, le monde entier pensent qu’il ne s’est strictement rien passé, qu’il n’y a pas de victimes, pas de condamnés parce que les enfants auraient menti. Donc pour 4 condamnations pédocriminelles dont personne n’a connaissance et auxquelles personne ne croit, il faudrait raser des immeubles ?

Avec la quantité d’affaires pédocriminelles qui sortent en ce moment en France comme en Angleterre, cela va faire beaucoup immeubles à raser en France.

Et dans l’affaire d’Outreau, selon la version officielle, il s’agit en plus de fausses allégations (les enfants auraient mentis). Donc même en cas de fausses allégations de pédocriminalité, il faudrait démolir l’immeuble et même le bloc d’immeubles ?

Dans ce cas, après la Tour du Renard et le bloc Les Merles, il faudra penser à démolir Buckingham Palace où il y a aussi eu fausses allégations de pédocriminalité ?

S’il s’agit uniquement d’une question de réputation (ce serait stigmatisant d’habiter dans ces lieux), cela ne justifie pas la destruction d’immeubles.

Sinon il faudra aussi penser à raser la ville d’Outreau, parce que peu de gens connaissent les noms de la Tour Du Renard et du bloc Les Merles. C’est le nom d’Outreau qui est célèbre.

Pour la question du nom qui rappelle l’affaire, il suffit de rebaptiser ces immeubles et même de rebaptiser la ville d’Outreau.

Alors pourquoi veut-on raser ces immeubles ? Aurait-on peur d’enquêtes futures ? Par exemple, celle de la petite fille tuée, pour laquelle plusieurs déclarations concordaient ?

Veut-on vite effacer toute trace pour empêcher de futures enquêtes ?

Le rapporteur de l’ONU

En 2003, le rapporteur de l’ONU dénonçait la situation dramatique en matière de pédocriminalité en France. Voici deux articles à propos de ce rapport :

Article du Nouvel Obs du 12 mars 2003 : L’ONU tance la France « Un rapport préliminaire du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme accable la justice française et le Conseil de l’ordre des médecins. Les actes pédocriminels seraient sous-estimés et négligés. »

Article de Me Derville du 2 juin 2011 (avec possibilité de télécharger le rapport de l’ONU) : Pédocriminalité en France, rapport accablant de l’ONU en 2003

Passages de cet article :

« 52. Dans plusieurs cas qui ont été communiqués au Rapporteur spécial, il a été signalé que les individus accusés de commettre des abus étaient étroitement liés à des membres de l’appareil judiciaire ou à des individus occupant de hautes fonctions dans l’administration publique, qui étaient en mesure d’influencer l’issue des procédures à leur détriment, argument qui avait été également formulé par la Division nationale pour la répression des atteintes aux personnes et aux biens.  (…)

81. […] Le Rapporteur spécial constate pourtant que de nombreuses personnes ayant une responsabilité dans la protection des droits de l’enfant, en particulier dans le système judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène

87. Des enquêtes complètes et impartiales doivent être menées à l’encontre des auteurs présumés de sévices, en particulier lorsque les expertises médicales, les évaluations des psychologues et les rapports des travailleurs sociaux étayent les allégations de sévices sexuels.

88. Le Gouvernement français devrait transmettre officiellement le CD-ROM «Zandvoort» à INTERPOL aux fins d’examen et de confirmation de l’âge des photos qui y sont contenues.

89. Le Rapporteur spécial tient à recommander à nouveau qu’un organe indépendant mène de toute urgence une enquête sur les carences de la justice à l’égard des enfants victimes de sévices sexuels et des personnes essayant de les protéger.»

Au Parlement européen : colloque sur la pédocriminalité

Le 28 janvier 2004, un colloque sur la pédocriminalité s’est tenu au Parlement européen à Bruxelles.

Au cours de ce colloque, l’eurodéputée Sylviane Ainardi a dénoncé le négationnisme qui existe en matière de pédocriminalité et le juge Ferdinando (président honoraire de la Cour de cassation italienne et ex pool antimafia) a dénoncé la culture de la pédophilie de la France en ajoutant qu’il n’a jamais pu collaborer correctement avec ses collègues français sur les dossiers de pédocriminalité.

« En marge de l’affaire Dutroux, un colloque sur la pédocriminalité s’est tenu dans l’enceinte du Parlement européen à Bruxelles, le 28 janvier 2004, à l’initiative du groupe des Gauches unitaire européenne-Gauche Verte nordique. Eurodéputée communiste et coorganisatrice, Sylviane Ainardi dénonce une véritable forme de négationnisme :  » La pédocriminalité est niée par beaucoup de personnes honnêtes, parce c’est quelque chose qui dérange, qui dépasse l’entendement.

(…) Bouleversée par les révélations de l’Humanité en février 2000 sur le cédérom de Zandvoort, cette élue n’a cessé de se battre pour sensibiliser le Parlement, aider les associations de victimes, protéger les parents protecteurs et les citoyens qui refusent le silence (…)

(…) il manque une véritable volonté politique.  » Rescapé du pool antimafia, président honoraire de la Cour de cassation italienne, le juge Ferdinando Imposimato confirme. Il regrette de n’avoir jamais pu collaborer correctement avec ses collègues français sur ces dossiers :  » Selon moi, il existe en France une tolérance, une culture de la pédophilie qui tend à banaliser et donc à renforcer a pédocriminalité. » (source : Pédophilie. La pédocriminalité via Internet)

Daniel Legrand : ses aveux et sa larme

Les aveux de Daniel Legrand correspondent aux déclarations des enfants victimes. Alors comment peut-on croire lorsqu’il revient sur ses aveux qu’il s’agit de mensonges ?

Il aurait aussi été intéressant de faire témoigner l’ex-compagne de Daniel Legrand, la mère de Tom, leur petit garçon de 4 ans (source) pour connaître son comportement avec l’enfant et sa mère. Pourquoi n’a-t-elle pas été appelée à témoigner ?

D’autre part, beaucoup de personnes ont remarqué le tatouage d’une larme sous l’œil gauche de Daniel Legrand. Alors que signifie ce tatouage ?

Daniel Legrand - tatouage 2

Source de l’image :
Article de 20Minutes.fr

Avec son séjour en prison et son passé de consommateur/importateur de stupéfiants, principalement de l’héroïne (source) Daniel Legrand connaît sans doute la symbolique de son tatouage ?

Le tatouage de larme sur le visage est extrêmement connoté (gang, assassinat, prison, pédocriminalité, etc.) et les tatoueurs refusent souvent de le faire pour cette raison. Le tatouage d’une larme vide a un sens très précis. Le fait que le tatouage de larme soit sous l’œil gauche également. Voici quelques sens possibles :

« Adhésion ou dans un gang de rue, une histoire du temps passé en prison ou des souffrances après la mort d’un être cher sont trois significations de tatouages ​​en forme de larme situés sur son visage. Un tatouage en forme de larme peut également indiquer que le porteur s’engage dans un ou plusieurs meurtres. Dans les prisons australiennes, un tatouage de larme a une signification complètement différente. Là, les détenus condamnés pour des abus ou de harcèlement sexuel d’enfants sont souvent retenus par d’autres prisonniers et un design en forme de larme tatouée. » (source : Quelle est la signification d’un tatouage en forme de larme)

« Les larmes, ou gouttes d’eau: le sens de ce tatouage varie géographiquement. Dans certains endroits, une larme représente une longue peine de prison, dans d’autres, elle signifie que le porteur a commis un assassinat. Parfois, le tatouage de la larme est vide, ceci signifie une tentative d’assassinat, ou que l’un des amis du détenu a été assassiné et qu’il veut le venger. Les rappeurs et d’autres célébrités ont popularisé ce tatouage de prison pour avoir l’air «dur» » (source : Tatouages des prisons et leurs secrètes significations!).

Les médias et les réseaux sociaux

Daniel Legrand et les autres acquittés sont des personnes d’un milieu très modeste. Il ne s’agit pas de célébrités.

Alors pourquoi ce déchaînement, cette hargne des médias et des réseaux sociaux contre les personnes qui s’interrogent sur ces procès ?

En quoi le très faible contradictoire gêne-t-il autant les médias et les réseaux sociaux, alors que la défense a devant elle un tapis rouge ?

De façon générale, la haine et la violence qui se déversent sur les victimes de la pédocriminalité et leurs soutiens est un grave problème en France. C’est même une spécificité de la France.

Amalgamer des associations extrémistes avec les soutiens des enfants victimes de la pédocriminalité est aussi spécifique à la France. De même que de traiter de complotistes, révisionnistes, etc. ceux qui s’interrogent sur une affaire.

Par exemple, dans l’affaire Outreau, les victimes et leurs soutiens ont toujours été parfaitement calmes, alors que  défenseurs de Daniel Legrand déversent leur haine dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Beaucoup de victimes n’ont pas été entendues

Comme les médias n’en parlent pas, il est important de rappeler que 12 enfants victimes ont été reconnus par la justice dans l’affaire d’Outreau.

Au procès de Daniel Legrand, comment se fait-il que seuls trois enfants Delay ont été entendus et pas les 12 victimes reconnues par la justice, alors que 10 acquittés de 2005 ont témoignés (source) ?

Comment se fait-il qu’à la place d’entendre les 12 victimes ont ait entendu 10 acquittés du procès de 2005 qui sont tous venus à la barre pour dire qu’ils ne connaissent pas Daniel Legrand et pour s’émouvoir de leur condamnation de 2002. En quoi cela concerne-t-il le procès de Daniel Legrand ?

D’autre part, Emeline Delay (une demi-sœur) qui a témoigné ne fait pas partie des 12 victimes reconnues par justice. Pourquoi est-ce elle qui a été entendue et non les 9 autres victimes ?

Pourquoi ne sont-ce pas les enfants des ex-accusés qui témoignent, ceux pour lesquels il y a eu des signalements de pédocriminalité ?

Enquête sur les aspects financiers

Une enquête sérieuse d’une affaire criminelle passe par l’analyse de la comptabilité des accusés. Alors pourquoi ces questions d’argent n’ont-elles pas été investiguées par la justice ?

Comment Daniel Legrand peut-il se payer 6 avocats voire plus, dont le célèbre Eric Dupond-Moretti ? Il n’a certainement pas les moyens de se payer tout cela ? Donc qui paye ?

Noemie Schulz - les 6 avocats de DL

L’aide juridictionnelle ne paye pas 6 avocats ou plus à un accusé. Donc qui paye les nombreux avocats de Daniel Legrand ?

Quant à Myriam Badaoui, il semble qu’elle ait fait des interventions importantes de chirurgie esthétique pendant son incarcération ? Si c’est le cas, qui paye ces milliers d’euros ?

Et pourquoi a-t-elle  eu droit à un traitement de faveur pour son audition au tribunal de Rennes : arrivée en camion payé par le contribuable, entrée par la porte des jurés, cachée par un plastique, interdiction de filmer, photographie et dessiner.

Il est légitime de se demander pourquoi l’on protège cette pédocriminelle reconnue par la justice et condamnée.

Jonathan Delay

Une vidéo du 5 juin 2015 dans laquelle Jonathan Delay s’exprime de façon remarquable peu après le verdict : Outreau 3 (Jour 13) Réactions de Jonathan Delay suite au verdict d’acquittement de Daniel Legrand

Une vidéo d’une interview de Jonathan Delay du 20 mai 2015 : Outreau, comment tout a commencé. Conversation exclusive avec Jonathan Delay

A 23.20 de cette vidéo, Jonathan Delay se demande qui est derrière le revirement de Myriam Badaoui (pacte, contrat, etc.)

A 36.00 de cette vidéo, Jonathan Delay dit que les acquittés ont touchés entre 250’000 à 2.2 millions d’euros et les victimes entre 10’000 et 30’000 euros

Plaidoirie de Me Reviron

La plaidoirie de Me Patrice Reviron, l’avocat de Jonathan, a été totalement à décharge de l’accusé.

L’avocat termine sa plaidoirie (la dernière phrase d’une plaidoirie a un impact puissant) en disant « Dans ce dossier, il n’y a pas de vrais pédophiles, c’est de la pédophilie secondaire ».

Jean-Philippe Deniau - pas de pédophilie - entier

Comment un avocat de la partie plaignante peut-il plaider pour la défense ? Est-ce normal ?

Me Reviron a d’ailleurs avoué pendant sa plaidoirie que c’était la première fois qu’il défendait une partie plaignante.

Charlotte Piret - reviron jamais partie civile

Il a même ajouté qu’habituellement il défendait des violeurs et des assassins.

Charlotte Piret - reviron défend assassins

Pourquoi a-t-il eu besoin de dire cela ?

Outreau, l’autre vérité

La version intégrale du  film de Serge Garde : Outreau, l’autre vérité Cette vidéo qui comptait déjà plus de 95’000 vues a été supprimée récemment par Youtube.

Voici la même vidéo sur un autre compte Youtube : « Outreau, l’autre vérité » Film- Documentaire de Serge Garde

Et voici un remarquable reportage sur le film, réalisé par les étudiants de l’Université Panthéon-Assas, avec interview de Serge Garde (réalisateur) et Bernard de la Villardière (producteur) : « Outreau l’autre vérité » : le film qui redonne la parole

Audition de l’avocate d’Enfance Majuscule

Vidéo du 24 avril 2011 sur LCP Public Sénat de l’audition de Maître Leduc-Novi, avocate de l’association Enfance Majuscule : Commission d’enquête sur le procès d’Outreau. Audition de maître Leduc-Novi (1/4)

Cette audition est fondamentale.

A voir absolument.

Il s’agit de 4 vidéos qui s’enchaînent. Dans la 2ème vidéo, Me Leduc-Novi parle de dysfonctionnements importants dans cette affaire.

Hélène Romano et Béatrice Brugère

Interview  sur LCP Public Sénat du 22 mai 2015 : Ça Vous Regarde – Le débat : Outreau III : le procès de la dernière chance ?

Avec Hélène Romano (docteur en psychopathologie et expert près tribunaux) et Béatrice Brugère (vice-procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Paris et secrétaire générale du Syndicat national des magistrats FO).

Hélène Romano

Dernier article d’Hélène Romano (Dr. en psychopathologie)  du 8 juin 2015 sur Huffington Post : D’Auschwitz à Outreau: la mémoire massacrée des enfants survivants

Article d’Hélène Romano du 29 mai 2015 sur Huffington Post : A mort le juge ! » : à qui profite le « bashing » du juge Burgaud?

Vidéo de l’interview d’Hélène Romano du 19 mai 2015 sur Europe1 : Outreau : « suspicion sur la parole de l’enfant

Maurice Berger

Un article du Dr. Maurice Berger (pédopsychiatre renommé) du 3 juin 2015 sur Huffington Post, à propos des experts non formés qui interviennent dans l’affaire Outreau : Outreau : ma réponse de « pseudo-sachant » aux vrais « méprisants »

Karl Zéro

Excellent article de Karl Zéro su 5 juin 2015 : Mon avis sur le troisième procès Outreau

Vidéo de Karl Zéro du 20 mai 2005 : Outreau ou pas assez ? Serge Garde : encore !

Vidéo de Karl Zéro du 14 avril 2015   : Zandvoort, le fichier de la honte – Karl Zéro Absolu

Elise Lucet

En France, la situation est si grave que même Elise Lucet renonce à faire des enquêtes sur la pédocriminalité : La France, paradis des réseaux pédophiles ?

« Très vite refermé, le tombeau de la pédophilie fut ouvert un soir, sur la télévision publique, avec un reportage télévisé diffusé en 2000 sur France 3 dans l’émission Paroles d’enfants ; reportage réalisé par les journalistes Pascale Justice, Stéphane Taponier et Cécile Toulec, et présenté par Élise Lucet qui ne reviendra jamais plus à la pédophilie et à l’exploration de l’impunité qui semble entourer les acteurs des réseaux pédophiles»

L’article ci-dessus est de Martine Bouillon, substitut du procureur de Bobigny au moment du tournage du documentaire, et administratrice de l’association La Voix de l’enfant.

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2 réflexions sur “Outreau : acquittement grâce à un diagnostic psy de supermarché

  1. Ne pas oublier le livre essentiel qui a ouvert les yeux de tous celui de l’experte psychologue qui a examiné les 15 enfants d’Outreau Marie-Christine Gryson-Dejehansart :
    « Outreau, la vérité abusée » 12 enfants reconnus victimes ( 2009 et 2015) Il est en bibliographie du film de Serge Garde « Outreau l’autre vérité » avec lequel elle a travaillé pour la documentation et les contacts.

    Lors du procès de Rennes elle a maintenu les conclusions de 2001 ayant expertisé les enfants au plus près des faits. Ce fut très courageux car pour éviter le lynchage médiatique ses confrères qui les avaient vus 1 an plus tard ( en dualité pour Viaux) et 3 ans plus tard pour Bonnafé…ont préféré adhérer aux pressions de l’Avocat général et accepter les contaminations et donc les faux souvenirs.

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